Talk My Football : « Si demain j’ai envie de faire une série de 10 vidéos qui n’intéressent personne sauf moi, je peux le faire »

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Créateur d’une chaîne YouTube basée sur le football, Mickaël, alias Talk My Football, fait partie des nombreuses personnes à se lancer dans cette aventure. La plateforme de vidéos à la demande est un milieu qui attire de plus en plus les jeunes, où la passion prime, et notamment, pour notre invité du jour.

Le 25 juillet 2019, Mickaël, 26 ans, décide de diffuser sa première vidéo sur sa chaîne YouTube. Avec plus de 67 000 abonnés, pas moins de 295 vidéos mais aussi plus de 9 millions de vues, Talk My Football prend, chaque jour, de plus en plus d’ampleur. Fan du football en général, ce youtubeur nous raconte, dans un entretien exclusif, son parcours, ses projets mais aussi ses différentes activités hors du monde d’Internet.

Baraque à Foot : Peux-tu te présenter en quelques lignes pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Talk My Football : « Je m’appelle Mickaël et j’ai 26 ans. Je suis bien évidemment passionné de foot mais également de pas mal d’autres choses comme les jeux vidéos, les mangas, l’industrie de la presse ou encore le monde de l’entreprenariat. »

Comment est venue ta passion pour le football ?

« Avant tout grâce à mes amis et aux débats sans fin que peut générer ce sport. Aux moments improbables vécus devant la télévision et au stade. J’ai pratiqué le foot étant jeune mais pour être honnête ce n’était qu’un passe-temps parmi de nombreux. La passion est venue plus tard. Au fur et à mesure que je consommais de plus en plus de foot, que je me renseignais de plus en plus sur le jeu. »

Quel est ton souvenir le plus marquant dans le football ?

« Désolé d’avance pour la non-réponse mais je suis incapable de hiérarchiser mes souvenirs (rires) ! C’est un de mes gros défauts, et c’est d’autant plus le cas dans le foot. La finale de la coupe du monde 2006 reste quelque chose de très marquant pour moi. C’est liée à l’enfance. Honnêtement, il n’y a pas un moment clef dans ma passion du foot pour autant. »

« On a vite raccroché les crampo… caméras ! »

Maintenant, peux-tu nous parler de ta chaîne YouTube ? Quel est son but, son contenu et depuis quand existe-elle ?

« Alors à l’origine c’est un projet qui date de 2017 et qui avait été lancé avec un ami. On marchait à deux dans la rue et on avait exactement la même philosophie que les vidéos actuelles mais avec une forme bien plus ambitieuse. Bien trop ambitieuse d’ailleurs car on a vite raccroché les crampo…caméras ! Reprise durant l’été 2019 de mon côté, en solo, parce que j’avais trop envie de partager ma passion et d’en parler avec un angle que je jugeais intéressant. Prendre le temps de développer des sujets qui me tiennent à cœur en invitant au dialogue et en essayant de prendre un peu de hauteur. Si mes vidéos sont aujourd’hui assez simples dans la forme il y avait à l’époque une vraie plus-value dans la réalisation donc ça prenait sens (en parlant du choix de YouTube et pas une autre plateforme, NDLR). »

En étant sur YouTube, que penses-tu des médias plus traditionnels, de leurs contenus comme la presse, la télévision et la radio ?

« On y trouve d’excellents journalistes et consultants, contrairement à ce que certains peuvent penser. Mais par contre, ces médias imposent souvent des contraintes de réactivité, de forme et de dynamisme qui ne leur permettent pas toujours de briller à leur juste valeur. J’en reste très client, je ne vais pas mentir, et ça fait partie de la passion du foot pour moi. »

« Il n’y a vraiment pas de journée type »

Peux-tu nous présenter en quelques phrases une journée type chez toi ?

« Il n’y a vraiment pas de journée type. Je jongle en permanence entre les deux (la chaîne YouTube et le travail, NDLR). J’ai mille projets à côté, j’ai vraiment aucune journée qui se ressemble. Quelques constantes cependant : le café du matin, le sport de fin d’après-midi, la petite séance de geekage en soirée avant un match. »

Comment crées-tu tes vidéos ? Où trouves-tu l’inspiration, les informations…?

« Côté inspiration, deux cas. Soit l’accumulation d’une observation en cours de match – un joueur, une tactique me frappant à chaque fois), soit un point qui m’interpelle dans la presse et je vais généralement creuser le sujet. S’en suit généralement quelques heures de recherche stats, de replay. Souvent, j’attends quelques matchs pour à nouveau observer de manière spécifique ce que j’ai en tête. Beaucoup de travail invisible également où tu cogites sans cesse sur ton sujet. Puis j’enchaine tournage et montage ensuite, plus rapidement. Pour les debriefs, vidéos à chaud oblige, beaucoup moins de préparation. »

Mickaël évoque les performances de Kingsley Coman dans sa dernière vidéo (Crédit vidéo : Youtube/Talk My Football)

As-tu que YouTube comme source de revenu ou bien as-tu d’autres activités, projets à côté ?

« Pas du tout que Youtube ! J’ai une agence de stratégie digitale à côté de ça. Je suis également en train de monter une seconde entreprise, un centre de formation. Youtube représente en réalité que 20% de mon temps « professionnel » et je n’ai honnêtement pas du tout envie que ça en prenne plus. Le fait que je n’ai pas besoin de ça pour manger est important pour moi. Cela me donne une liberté totale sur ce que je vais faire. Si demain j’ai envie de faire une série de 10 vidéos qui n’intéressent personne sauf moi, je peux le faire sans me demander comment je vais payer le loyer à la fin du mois car j’ai fais des scores minables côté vues. »

« Le plus important est de réussir à s’épanouir, être fier et s’amuser »

Comment gères-tu tout ça ? En terme de temps, avec les amis, la famille, les autres activités ?

« Je dors et glande peu. Pour être honnête, c’est beaucoup de travail. Le plus frustrant, c’est sûrement les debriefs que j’adore faire mais qui me poussent à être ‘focus’ lors des matchs. C’est pour ça que je ne tweet et debrief pas la majorité des matchs que je regarde. Au final, j’en garde pour pouvoir passer des soirées cool avec mes amis. C’est là où je regarde le match sans avoir un œil aussi attentif que lorsque je regarde du foot pour la chaîne Youtube. »

Pour terminer, si tu devais donner un conseil à un jeune qui voudrait se lancer sur YouTube, que dirais-tu ?

« De s’éclater car je n’ai pas de conseils magiques à donner pour qu’il puisse trouver son audience malheureusement. Partant de là, je pense que le plus important est de réussir à s’épanouir, être fier et s’amuser en tournant quel que soit le nombre de vues. »

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