Arbitrer en France, pourquoi cela suscite tant de critiques ?

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Pour un bon match de football il nous faut au minimum 22 joueurs, 2 coachs mais aussi un arbitre. Qu’ils soient professionnels, amateurs ou encore même bénévoles, les arbitres sont des incontournables de notre sport.

Malgré cela, ils sont très souvent critiqués et au centre de nombreuses polémiques qui peuvent parfois ne pas être justifié. Une rupture entre les amoureux du ballon rond et les hommes en noir est de plus en plus marquée. Généralement désigné comme l’un des fautifs lors de la défaite de son équipe de cœur, l’homme devant faire respecter les règles pendant près de 90 minutes joue un rôle crucial pour le bon déroulement d’une partie de football

L’arbitre, un rôle historique

Lors d’une rencontre, l’arbitre central est sur le terrain suppléé par ses deux assistants placés le long des lignes de touches. Cette disposition, plus connue sous le nom de trio arbitral, est mis en place en août 1881. Avant cette date, de nombreuses polémiques ont lieu. En effet, lors de la création du football, les deux équipes devaient compter sur le fair-play de leur adversaire car l’auto-arbitrage était prôné, c’était aux deux capitaines de prendre les décisions.

Le trio arbitral est composé de Clément Turpin qui est l’arbitre central (au centre) et de ses deux assistants. (Crédit photo : Ouest-france.fr)

C’est seulement en 1847, à Eton (ville situé à l’est de Londres) que l’ancêtre de l’arbitre fait son apparition. Les « umpires » sont désignés par les deux camps et doivent se placer au niveau des buts pour juger si la balle a bel et bien franchie la ligne. La règle va évoluer en 1849. Les umpires conservent leur rôle mais un « referee » doit s’installer en tribune pour trancher lorsque les umpires ne sont pas d’accord. Dans les années 1890, le referee prend place sur le terrain tandis que les umpires sont repoussés le long des lignes de touches. En 1996, les umpires deviennent des arbitres assistants, c’est-à-dire qu’ils peuvent venir en aide à l’arbitre central lors d’une décision complexe.

Logo du club Old Etonians FC situé dans la ville d’Eton (Crédit photo : fr.Wikipedia.org)

Même si, il n’y a pas si longtemps que ça, deux arbitres étaient placés derrière les buts de chaque camp lors des rencontres importantes, le trio arbitral accompagné d’un quatrième arbitre reste plus traditionnel. La récente apparition de la VAR a tout de même chamboulé quelques postes.

L’évolution des règles mais aussi des technologies à disposition

Ces dernières années, les institutions du football ont tenté, tant bien que mal, d’améliorer les performances arbitrales. Pour cela, quelques technologies ont fait leurs apparitions. La Goal Line Technology ou encore la VAR en sont les principales. Le spray pour marquer la distance lors d’un coup-franc va aussi dans ce sens. La première technologie mentionnée ici permet de confirmer ou d’annuler un but. L’arbitre central est équipé d’une montre qui émet un signal dès lors que la balle franchi entièrement la ligne de but, l’assistance vidéo peut consolidée ou non la décision prise via ce signal. La Goal Line Technology a été utilisé durant plusieurs compétitions mineures tel que la Coupes du monde des clubs en 2012 et en 2013 et la Coupe des confédérations 2013. Après ces tests plutôt positifs, elle est mis en place dans une compétition majeure et pas n’importe laquelle, la Coupe du Monde 2014.

Schéma démontrant le fonctionnement de la Goal Line Technology (Crédit photo : fr.Wikipedia.org)

La VAR est, quant à elle, une invention bien plus critiquée. Alors que les ralentis et les images sont de plus en plus précis, les téléspectateurs peuvent plus facilement se faire leur propre opinion sur la situation. En conséquent, les arbitres sont victimes de plus en plus de remarques et de reproches. Son introduction dans le football moderne peut faire penser à celle de la Goal Line Technology. L’assistance vidéo est testée lors de la demi-finale de la Coupe du Monde des Clubs 2016 puis lors de la Coupe des Confédérations 2017 avant d’être approuvée et utilisée lors de la Coupe du Monde 2018. L’arbitre central peut faire appel à l’assistance vidéo dans quatre cas bien précis : lors d’un but, d’un pénalty, d’un carton rouge ou pour identifier un joueur sanctionné.

L’explication du fonctionnement de la VAR représenté par des dessins. (Crédit photo : LaDepeche.fr)

D’autres part, certaines règles comme celle du hors-jeu, des mains volontaire ou non, du but en or lors des prolongations… ont agité (et agite toujours) les débats du monde du football. C’est aux grandes institutions de prendre des décisions claires pour faciliter l’arbitrage et rendre service à ce sport.

Larbitre français dans les compétitions européennes

Pour comprendre cette rupture il faut aussi aborder le sujet du niveau de nos arbitres. En effet, une non-participation des arbitres français aux compétitions européennes telles que l’UEFA Champions League ou encore la Coupe du Monde (pour ne citer qu’elle) peut être une potentielle preuve pour prouver leur niveau assez moyen. Comme pour les clubs, les arbitres européens participent à un championnat en fonction de leur capacité. Le niveau le plus élevé est celui d’Élite, deux français y sont représenté : Clément Turpin et Benoît Bastien. Pour autant, Clément Turpin n’a arbitré que deux matchs lors de la Coupe du Monde 2018 et seulement des rencontres comptant pour les phases de groupes. C’est tout de même une légère amélioration puisque lors de l’édition 2014, aucun français n’y était représenté. M.Turpin possède, à son actif, 25 matchs de Ligue des Champions (dont 6 en phases finale), 21 de Ligue Europa (dont 8 en phases finale), 2 matchs de Championnat d’Europe, 2 de JO, 1 de Ligue des Nations et enfin plus de 200 matchs de Ligue 1.

Clément Turpin, élu meilleur arbitre français 2019. (Crédit photo : L’Equipe)

Les polémiques, les critiques, cela fait partie du jeu

Aujourd’hui, l’arbitre est une proie facile dans notre pays. Lors des grandes rencontres de notre championnat, la tension est à son maximum, les supporters de l’équipe à domicile mettent la pression sur le corps arbitral… Bref, l’arbitre n’a pas le droit à l’erreur sous peine d’agacer les spectateurs, les joueurs et même les bancs des deux équipes. Et si la période actuelle permet d’avoir plus de calme et sûrement moins de stress lors des 90 minutes de jeu, l’après-match peut être tout aussi compliqué. L’information va toujours plus vite sur les réseaux sociaux tout comme les critiques. Récemment, l’Olympique de Marseille a publié, sur son compte Twitter, différentes statistiques pour démontrer une inégalité au niveau des sanctions infligées au club et à ses joueurs.

L’Olympique de Marseille a publié 5 graphiques à l’encontre des arbitres.

Deux ans auparavant, un épisode majeur s’est déroulé lors du match qui opposait le Paris Saint-Germain et le FC Nantes. Le fameux tacle de Tony Chapron sur Diego Carlos qui l’a dirigé tout droit vers la retraite. Nous avons tous vu cette vidéo qui a été énormément relayée et à fait le tour du monde. De quoi ne pas améliorer l’image des arbitres français même si plusieurs personnes l’ont pris à la rigolade (cf : https://baraqueafoot.fr/2021/01/11/chapron-ceux-qui-aiment-le-foot-naiment-pas-la-var/)

Après avoir été poussé, Tony Chapron réagit d’une manière insolite et tacle le joueur Nantais.

Finalement, en plus du niveau des arbitres français, de la tension et de la pression que peut provoquer un stade de foot, une autre raison peut expliquer pourquoi les hommes en noir suscitent tant de critiques. Tout simplement car ils travaillent en France. Les français sont réputés pour être râleurs et insatisfaits. Ceci explique peut-être cela…

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