La Ligue 2, de plus en plus attractive ?

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Bon nombre de joueurs y sont passés, peu y sont restés. Des investisseurs du monde entier mais aussi beaucoup d’agents ou encore des recruteurs européens. La Ligue 2 attire, et pas qu’en France.

Championnat de deuxième division, la Ligue 2 n’est pas une compétition majeure en Europe. Pour autant, les plus grandes écuries aiment venir piocher chez les clubs là. Raphaël Varane, Riyad Mahrez, Ferland Mendy ou encore Clément Lenglet ont un point commun : ils sont tous formés en Ligue 2. Faisant le bonheur de leurs clubs formateurs, ces joueurs sont aujourd’hui dans les plus grands clubs du monde. Malgré cela, ce championnat est très souvent discrédité par les supporters ou bien les observateurs et notamment français. Les préjugés du championnat sont loin d’être à son avantage. Jeu basé seulement sur le physique, des longs ballons devant ou encore aucun sens tactique, voilà ce que beaucoup de personnes pensent lorsque l’on parle de Ligue 2.

Raphaël Varane à ses débuts au RC Lens (Crédit photo : Lensois)

Cette saison, nombreuses sont les équipes qui performent tout en proposant un jeu de qualité. Troyes incarne parfaitement cette philosophie avec un jeu à trois derrière, modulable selon la physionomie de la rencontre. Le Toulouse FC, mais aussi l’AJ Auxerre, ont un effectif et un jeu plaisant. Cette semaine, ils ont respectivement joué contre les Girondins de Bordeaux et l’Olympique de Marseille. La première rencontre s’est soldée par la victoire du TFC tandis que la seconde a été remportée par l’OM. Lors de ces matchs de Coupe de France, les deux clubs pensionnaires de Ligue 2 ont mis en valeur leur championnat. Pour autant, certains observateurs, français ou bien étrangers, n’ont pas attendu ces deux matchs pour se pencher sur la deuxième division française.

Vidéo démontrant la qualité tactique de Troyes face au TFC

Des rachats de clubs de plus en plus fréquents

Récemment, de nombreux clubs de Ligue 2 ont reçu des offres venant de gros investisseurs étrangers. Qu’ils soient Aboudabiens, Américains ou encore Bahreïniens, ils n’hésitent pas à venir acquérir des clubs français. Le 3 septembre dernier, le groupe City Football Group, ayant pour société principale l’Abu Dhabi United Group, a annoncé l’achat du club Troyens. Quelques jours après, le Stade Malherbe de Caen est repris par des Américains du groupe Oaktree.

Lors du mois de juillet dernier, c’est le Toulouse Football Club qui a débuté une nouvelle ère. En effet, le fonds d’investissement Américain RedBird Capital Partners a racheté le club français alors tout juste relégué en deuxième division. Tout comme le TFC, le Paris FC a évolué durant le mois de juillet 2020. Le club parisien a vendu 20% de ses parts au Moyen-Orient. Au total, près de dix clubs pensionnaires de Ligue 2 pourraient être détenus, dans leur totalité ou non, par des investisseurs étrangers.

Mais alors, pourquoi ?

Tout d’abord, acheté en Ligue 2 est certes un investissement, mais pas autant que dans un championnat de première division. De plus, si l’on compare celui-ci à un possible rachat d’un club de Championship (deuxième division anglaise), nous pouvons remarquer qu’il est moindre. Acheter un club en Ligue 2 coûte une dizaine de millions d’euros. Ce n’est pas la seule raison : si le prix n’est pas très élevé il pourrait s’expliquer par un manque d’avantages, mais non. En France, la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion, ndlr), qui s’occupe du contrôle des finances des clubs, est très rigoureuse. Trop pour certains. En conséquence, les clubs français sont pour la plupart, peu endettés.

Logo de la DNCG (Crédit photo : Ma Ligue 2)

Ils disposent aussi de bonnes structures ce qui permet de travailler dans des conditions optimales. La France est aussi réputée pour ses centres de formations performants. Beaucoup de jeunes talents émergent de ces centres et des clubs français. Champion du Monde en titre, la France doit beaucoup aux centres de formation des clubs de Ligue 2. En effet, Paul Pogba, Thomas Lemar, Blaise Matuidi ou encore Olivier Giroud ont tous été formés dans un club de Ligue 2. Le modèle de ces centres est reconnu à l’international.

Les yeux de nombreux clubs européens et de Ligue 1 sont alors rivés vers ce championnat. Les investisseurs veulent faire du trading en formant des joueurs pour les revendre par la suite. Ainsi, ils peuvent faire de la plus-value sur un transfert assez facilement car si le joueur est un pur produit du centre de formation, il ne coûtera presque rien. C’est le cas de Kouado Koné, formé au TFC, il a été vendu cet hiver puis prêté dans la foulée dans son club formateur. Le Borussia M’gladbach est parvenu à l’avoir pour 9 millions d’euros. Grosse plus-value pour Toulouse !

Kouadio Koné a signé avec le Borussia le 21 janvier dernier

Enfin, dans ce type de clubs, les présidents sont souvent des présidents d’entreprises locales. Par conséquent, ils sont assez vendeurs car, en tant que président, ils se doivent de mettre très régulièrement de l’argent dans les clubs. Des raisons diverses peuvent aussi influencer le choix des investisseurs comme par exemple la situation géographique de la France. Le pays est situé en Europe, près de l’Angleterre, ayant un accès direct sur l’Espagne, l’Italie… Les clubs de Ligue 2 sont situés dans des villes proches des grandes métropoles (Paris FC, Chambly…), et même, avec la descente du TFC, présente dans des grandes villes françaises. Cette situation est favorable car la Ligue 2 peut être observée par plusieurs recruteurs de l’Europe entière.

Un championnat qui reste tout de même limité

Néanmoins, la Ligue 2 n’est pas le meilleur championnat, loin de là. En effet, malgré quelques bonnes équipes, beaucoup d’entre elles sont faibles. Le niveau de jeu de celles-ci est assez déplorable. Les terrains sont parfois moyens. Dans ces équipes, certaines individualités ressortent mais le manque de collectif au sein de cette écurie peut être un problème pour ce joueur ayant des capacités individuelles. En effet, lorsqu’il va changer de club il devra s’adapter à un jeu complètement différent. Ceci peut être difficile. De plus, le manque de pression dans ce championnat à deux vitesses est assurément un des freins pour les recruteurs et donc, indirectement, pour les investisseurs.

Pour conclure, la Ligue 2 BKT est le championnat presque parfait pour les investisseurs souhaitant mettre en place un système de trading ou ceux souhaitant remonter le plus vite possible en Ligue 1. Il est presque parfait car il connait quelques limites qui peuvent freiner ces gens là ou bien les recruteurs. C’est un championnat qui révèle de nombreuses « pépites ». C’est un véritable tremplin pour les jeunes joueurs remplis de talents.

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