L’Eintracht Francfort, sauce 3-4-2-1 !

Crédit photo : Site officiel Eintracht
Crédit photo : Site officiel Eintracht

Auteur d’une première partie de saison plus que convaincante, l’Eintracht Francfort d’Adi Hütter a su se développer et s’épanouir grâce à un changement de système. Nouvelle animation pour nouvelle vie, tel est le slogan pour « die Adler » (les Aigles) version 2021. Alors avant leur confrontation face au Bayern Munich à la Commerzbank-Arena, analysons l’une des équipes surprises du moment.

Francfort a connu deux saisons en une. La première a commencé en août, au véritable commencement de cette Bundesliga 2020/2021. Adi Hütter est porté par un trio Kamada-Dost-Silva. Une attaque à deux pointes qui permet à l’Eintracht de pointer à la quatrième place après autant de journées. Hélas, une série de neuf matchs (deux mois sans victoire) oblige Adi Hütter à des ajustements. Ils interviendront dans un calendrier démentiel, avant la réception du Borussia Dortmund, mais aussi des confrontations face à Wolfsburg et l’autre Borussia, Mönchengladbach. Un baptême du feu compliqué avec seulement deux petits points sur neuf possibles. Néanmoins, le coach autrichien capitalise sur ces prestations car depuis, l’Entracht aligne en effet un bilan des plus brillants : huit victoires en neuf matchs et une troisième place plus que méritée.

André Silva, l’attaquant star de cette équipe avec 18 buts cette saison (Crédit photo : Africa Foot United)

Un Francfort bien huilé

L’équipe type depuis le début d’année civile.

Habitué depuis quelques saisons à jouer dans un schéma à trois défenseurs, l’Eintracht n’a pas de mal à changer suivant les situations. Ici nous retrouvons donc Hinterreger, Hasebe, Kostic, Kamada et Silva qui constituent la colonne vertébrale de cette équipe. Autour, les jeunes Tuta et N’Dicka commencent à prendre de la place, Durm, l’ancien du BVB, renaît de ses cendres alors que Sow et Younes ne sont là que depuis quelques semaines. Malgré un effectif aussi bien quantitatif que qualitatif, ce onze ne bouge quasiment plus.

Adi Hütter semble avoir trouvé son équilibre. Avec 40 buts marqués et 29 encaissés, Francfort peut se satisfaire de son attaque mais la défense fait un peu tache. Seulement trois cleansheets pour un Kevin Trapp pas toujours des plus rassurants. Il y a également eu le départ à la retraite de David Abraham (capitaine de l’équipe) qui a été remplacé numériquement par Tuta, jeune brésilien de 21 ans. Rentrons désormais un peu plus en détail dans l’animation offensive de cette équipe.

Maximisation des talents

Avec un groupe aux profils bien divers, les possibilités d’associations sont nombreuses et l’harmonisation d’une animation complexe à trouver. Néanmoins, Adi Hütter semble avoir trouvé la formule. Martin Hinteregger par exemple est un défenseur qui a la faculté de casser les lignes par la passe mais aussi balle au pied. Un trait de caractère qui déteint sur Evan N’Dicka qui n’hésite pas à se projeter lui aussi.

L’impact et le dépassement de fonction des défenseurs centraux.

En moyenne, les défenseurs effectuent environ 35% de leurs passes dans le camp adverse avec un taux de réussite variant de 60% à 74% pour Evan N’Dicka par exemple. Mais l’animation ne repose pas que sur ces défenseurs bien évidemment. Un joueur en particulier est le principal dépositaire du jeu depuis quelques saisons : Daichi Kamada. Le Japonais est un ovni de par son style. Faux-lent de nature, il se déplace, réfléchit et agit avec un coup d’avance. Il joue toujours dans le bon tempo et valorise le jeu de ses coéquipiers.

Daichi Kamada, le métronome.

Bien entendu, le jeu ne dépend pas que d’un seul joueur et nous verrons par la suite que l’un d’entre eux a su insuffler un vent nouveau dans cette équipe. Cependant d’autres systèmes sont identifiables et se répètent. L’utilisation d’André Silva en point de fixation, le renversement pour provoquer des situations de un contre un pour les latéraux. Le schéma est souvent le même, sortie de balle de l’extérieur vers l’intérieur du jeu pour casser les lignes de pression, puis de l’intérieur vers l’extérieur pour apporter le danger et le déséquilibre.

Les différents circuits de passes.

L’intégration d’Amin Younes

Arrivé sur le gong du mercato estival prolongé en provenance de Naples, Amin Younes n’a pas été intégré de suite dans cette équipe. D’abord remplaçant donc, l’avènement du 3-4-2-1 a été pour lui une libération puisqu’il en est l’un des principaux dynamiteurs. Capable de dribbler, de jouer sans ballon entre les lignes, d’être aussi bien passeur que finisseur, l’ailier de 27 ans (ex-joueur de l’Ajax) a apporté une variété dans l’animation offensive mais aussi dans les profils dont disposait Adi Hütter.

L’apport varié d’Amin Younes.

Au final, cette équipe de l’Eintracht a trouvé son équilibre. Un trio offensif complémentaire et en forme, une défense qui se stabilise et qui doit se solidifier et un onze qui tant à prospérer sur la durée. L’arrivée de Luka Jovic – ou plutôt son retour – devrait également permettre à l’entraineur autrichien de cette formation de Francfort d’avoir une nouvelle solution. Mais risquera-t-il de briser un si bel équilibre ?

Le danger peut venir de partout avec l’Eintracht… (Crédit image : WhoScored)

Avec un tel effectif, un entraîneur qui sait où il va et qui arrive à tirer le meilleur de ses joueurs, Francfort peut envisager de belles perspectives d’avenir. À commencer par prétendre à une place en Ligue des Champions. Le rythme est soutenu, mais la Launische Diva (La Diva capricieuse, NDLR) a les armes pour tenir le cap. Et nous serons là pour l’observer.

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