Jorge Sampaoli, l’amour du foot à l’état pur

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À la fois disciple de Marcelo Bielsa, selon ses dires, mais différent dans son style de jeu, Jorge Sampaoli est un entraîneur atypique. L’Argentin vit et pense football. La maxime populaire « qui se ressemble s’assemble » n’a jamais été aussi vraie : Zurdo et l’OM, c’était presque inévitable.

C’est officiel, Jorge Sampaoli a signé en faveur de l’Olympique de Marseille jusqu’en 2023. Face à Rennes ce 10 février, il s’est assis sur un banc de Ligue 1 pour la première fois de sa carrière. Si cette rencontre s’est soldée sur un score de parité (1-1), ce match fût marqué par une composition inhabituelle côté marseillais. En effet, l’Argentin avait décidé de placer ses joueurs en 5-3-2 ,ou en 3-5-2 selon la vision des choses de chacun. Face au Stade Rennais (premier match également pour Bruno Génésio, NDLR), les intentions des Olympiens étaient claires : retrouver le goût de la victoire tout en proposant une copie cohérente. Avant que son histoire ne débute réellement avec Marseille, voici qui est Jorge Sampaoli.

Le début d’une carrière honorable

Comme beaucoup, il rêvait de devenir un joueur professionnel. Sa jambe en a pourtant décidé autrement. À 19 ans, une blessure au niveau du tibia-péroné vient briser ses rêves. Jorge Sampaoli ne renonce pas et poursuit sa vie autour du carré vert. L’Argentin enchaîne les catégories jeunes des clubs amateurs de son pays natal. C’est en 2002 que sa carrière dans le monde professionnel va débuter. Alors entraîneur des jeunes de Newell’s Old Boys, Sampaoli va connaître une année aussi compliquée qu’émouvante. Lionel Messi, Diego Maradona, Gabriel Batistua ou encore Marcelo Bielsa ont porté ces couleurs rouges et noires. Les trois premiers en tant que joueurs, tandis que le dernier cité a passé deux ans sur le banc du club de Rosario. En plus d’avoir débuté dans le même club, Marcelo Bielsa et Jorge Sampaoli entretiennent une relation particulière.

Jorge Sampaoli sous ses premières couleurs en tant qu’entraîneur principal (crédit photo : These Football Times)

Toujours au cours de cette année 2002, Jorge Sampaoli quitte l’Argentine et les équipes jeunes de Rosario pour le Pérou. Sa première expérience n’est en rien une réussite puisqu’elle se solde par un bilan d’une victoire en huit matchs. Le Club Juan Aurich décide de le renvoyer. Arrivé au Pérou grâce à l’aide de ses contacts, il parvient à retrouver un banc de touche de la même façon. Les Sport Boys, alors un club de milieu de tableau, accueille Sampa. Il est l’entraîneur le moins bien payé de la ligue et dort dans la caserne des pompiers la plus proche.

Par la suite, il rejoint le Coronel Bolognesi. Dans ce club il trouve un peu de stabilité en y restant entre 2004 et 2007. De plus, il obtient des résultats plutôt convaincants, ce qui lui permet de passer un cap et de rallier le Sporting Cristal. Ce club est un club populaire au Pérou. Mais alors qu’il aurait pu faire parler de son talent, Sampaoli enfonce l’équipe au fond du classement. Opportunité manquée.

De la frustration au bonheur inconditionnel

Après une expérience assez complexe, il quitte le Pérou pour le Chili en 2008 puis part en direction de l’Équateur en 2010. Sa première au Chili est réussie, il y reviendra quelques années après. En Équateur, Jorge Sampaoli entraîne le club d’Emelec. Équipe avec laquelle il va jusqu’en finale de son championnat et participe à la Copa Libertadores 2010. Il qualifie son équipe pour l’édition 2011 avant de quitter le pays. C’est à ce moment-là que sa carrière va prendre une nouvelle dimension.

En effet, en 2011, Sampa revient dans un pays qu’il connaît, le Chili. Il n’est, certes, pas le premier choix du club d’Universidad de Chile mais c’est bien lui qui dirigera cette équipe. Sur cette saison 2011, Jorge Sampaoli emmène le club chilien au sommet. Il remporte le tournoi d’ouverture et de clôture mais aussi la Copa Sudamericana. En conséquence, Sampa fait partie des favoris pour remporter le titre d’entraîneur de l’année en Amérique du Sud. Malheureusement pour l’Argentin, c’est l’Uruguayen Oscar Tabarez qui s’empare du trophée.

« Si je dois perdre, autant que ce le soit en jouant »

La patte Sampaoli a permis à la U d’atteindre son apogée. Une défense à trois, à quatre, peu importe. Un jeu basé sur les côtés, des joueurs de couloir très utilisés. Un pressing haut et une vitesse de projection impressionnante, voici les ingrédients de la recette Sampaoli. Son équipe savait s’adapter à tout moment. Puis, suite à une saison impressionnante, l’Universidad de Chile de Jorge Sampaoli est attendu au tournant en Copa Libertadores. Le club échoue en demi-finale face à la très belle équipe de Boca Junior.

Pour en arriver là, la U a dû prôner un jeu porté sur l’offensive. En effet, en quarts de finale aller, le club perd 4-1. Au retour, Sampaoli, prend tous les risques et alignent un 1-3-3-3. Le seul défenseur de l’équipe est constamment en un contre un face à l’attaquant adverse, les latéraux sont très offensifs. Sampaoli part à l’abordage. Comme il le disait « si je dois perdre, autant que ce le soit en jouant plutôt qu’en balançant de grands ballons vers l’avant ». Résultat final : 6-0 pour la formation chilienne. L’année 2012 marque la fin d’une ère et le début d’une nouvelle histoire.

D’un club à une sélection : les résultats sont là

En décembre 2012, il marche encore un peu plus sur les pas de Marcelo Bielsa. Le disciple de Bielsa rejoint une sélection chilienne complètement aux abois. Sampaoli remobilise son groupe et se qualifie pour la Coupe du Monde 2014. Bien que la Roja soit mal embarquée dans cette course à la qualification, Sampa apporte ses connaissances et sa façon de travailler. Cela fait mouche. Au Brésil, le Chili élimine l’Espagne, champion du monde en titre, et se qualifie pour les huitièmes de finale.

Sampaoli vit tous ses matchs à 200% (crédit photo : Le Buteur)

Les hommes de Sampaoli tombent face au pays organisateur et sort grandit de cette expérience. Le prochain objectif est clair : remporter la Copa América dans leur pays, devant leurs supporters. Chose promise, chose due. Quatre-vingt-dix-neuf ans après la création de cette compétition, la Roja l’emporte pour la première fois de son histoire. Sampaoli est sur le toit du monde. Il est le meilleur entraîneur sud-américain de 2015, mais aussi parmi les trois finalistes pour le titre de meilleur entraîneur du monde. En janvier 2016, c’est la fin d’une belle aventure.

2016, cap sur l’Europe pour Sampaoli

Une nouvelle situation inédite pour l’argentin. En effet, il débarque dans un club européen pour la première fois de sa carrière. C’est au FC Séville que Sampaoli pose ses valises. Il récupère le club espagnol en juin 2016 suite au départ d’Unai Emery au PSG. Offrant aux supporters des matchs agréables à regarder de par de nombreux buts, Sampaoli a laissé un bon souvenir aux Sévillans. De plus, les résultats restent corrects.

« Avoir un joueur comme Leo signifie qu’il faut organiser l’équipe de manière différente »

Il parvient à finir la partie aller du championnat à la deuxième place entre le Real Madrid et le FC Barcelone. Il parvient également à obtenir une qualification pour la Ligue des Champions. Sampa remplit les objectifs du club. Une saison après son arrivée, la sélection argentine lui fait un appel du pied. Sampa n’a jamais caché son envie de vouloir diriger cette sélection.

La sélection argentine, un cadeau empoisonné

Voyant l’Argentine lui proposer un contrat, Sampaoli ne pouvait pas laisser filer sa chance. Il souhaitait réaliser un rêve. Il quitte donc la tranquillité de Séville et son cadre idéal pour son pays natal en 2017. À peine revenu en Argentine, le temps presse pour l’entraîneur. La pression est forte, presque néfaste. Les espoirs sont importants et le cadre électrique. Sampa ne parvient pas à trouver la bonne formule. Avec seize compositions différentes sur les seize matchs précédents celui face à l’Équipe de France, celui qui avait réussi à remobiliser le vestiaire chilien a sûrement perdu le sien en cours de route.

Sa période avec la sélection de l’Argentine était tout sauf facile (crédit photo : Sports)

Tout au long de sa carrière, les ailes ont été un secteur clé de la tactique Sampaoli. C’est le point faible de l’Albiceleste. Heureusement pour lui, Léo Messi est là. Il réalise des gestes dont seul lui a le secret et qualifie (presque à lui tout seul) sa sélection pour le Mondial 2018. Un bien pour un mal. La Coupe du Monde 2018 fût très laborieuse pour l’Argentine, qui a déjà du mal à sortir des poules. Elle sort face au futur vainqueur de l’édition en marquant à trois reprises. Frustrant.

Sous le soleil brésilien, Sampaoli revient plus fort

Six mois après ce cauchemar, Sampaoli est de retour sur un banc de touche. Il rejoint Santos, au Brésil, en décembre 2018. Dans un contexte, une nouvelle fois, instable. Les débuts sont compliqués pour lui. Sampaoli est apprécié, son jeu aussi. Il est fidèle à ses principes : jeu dans les couloirs, pressing haut, projection rapide. Pour autant, il conserve une solidité défensive. En effet, en phase sans ballon son équipe se regroupe bien et forme un bloc plutôt bas. Il transforme son équipe durant la saison 2018/2019. Santos termine le championnat à la deuxième place alors que durant l’exercice précédent, il occupait la place du dixième. Même effet avec l’Atlético Mineiro puisque durant la saison 2020/2021, Sampaoli transforme son équipe. Le club termine la saison à la troisième place, à trois points du leader. En comparaison, la saison 2019/2020 s’était soldée par une treizième place pour cette équipe.

Jorge Sampaoli, un fou de foot (crédit photo : Peuple Olympien)

Aujourd’hui à l’OM, le disciple de Bielsa se reconnaît chez El Loco de par son caractère mais aussi son parcours. En effet, tout deux sont passés par les Newell’s Old Boys, l’Argentine, le banc de la sélection chilienne et à présent, le banc marseillais. Au tempérament plutôt chaud, les deux hommes sont des passionnés de football. Ils passent des heures et des heures à analyser leurs adversaires mais aussi leurs équipes et leurs joueurs. Sampaoli a appris le métier d’entraîneur en lisant et écoutant Bielsa. La façon de voir et penser les choses de ce dernier passionne Sampaoli, souvent appelé le disciple de Bielsa.

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