Les jeunes Français, à l’assaut de la Bundesliga

Bundesliga FR

La France, véritable machine à développer des jeunes pépites, ne parvient pas toujours à les conserver. De plus en plus tôt, les joueurs français traversent les frontières pour se diriger vers l’Allemagne et la Bundesliga. Mais alors, que possède ce championnat pour être tant attirant ?

Aujourd’hui, ce n’est pas moins de vingt-sept Français qui jouent sous les couleurs d’une écurie de Bundesliga. Avec une moyenne d’âge d’environ 23,8 ans, les Français sont assez bien représentés en Allemagne. Bien qu’avant de faire leur valise, certains soient déjà assez connus en France, d’autres le sont beaucoup moins. Ousmane Dembélé et Benjamin Pavard sont deux champions du monde, pour autant leur parcours est bien plus différent. L’un était surveillé de près en France, l’autre est parti dans l’anonymat le plus total. Avant eux, Bixente Lizarazu, Youri Djorkaeff ou encore Franck Ribéry ont pris la même décision. Celle de traverser le Rhin.

Les Français en Bundesliga, ça ne date pas d’hier

Méconnu du grand public, Gilbert Gress est le premier joueur français à avoir évolué en Bundesliga. Le Français, un attaquant strasbourgeois, joue presque deux cents matchs avec le Racing avant de rallier l’Allemagne. En effet, alors que peu de Français partaient pour l’étranger, Gilbert Gress rejoint Stuttgart en 1966. En cent quarante-neuf matchs de Buli, le franco-suisse marque vingt-six buts. Étant le premier à jouer dans ce championnat, sa performance est un record.

Gilbert Gress sous les couleurs du VFB Stuttgart (crédit photo : Pinterest)

Il sera battu par Johan Micoud lors de la saison 2005/2006 avec le Werder Brême puisque le Français inscrira trente et un buts en Bundesliga. Grâce à son passage en Allemagne, Gilbert Gress est appelé en Équipe de France. Il dispute trois matchs mais ne parvient pas à inscrire le moindre but. L’ange de la Meinau reste cinq ans dans le club Allemand avant de rentrer au pays. En 1971, il signe en faveur de l’Olympique de Marseille. Par la suite, il devient entraîneur. Il voyage entre la France et la Suisse mais ses plus belles années sont à Strasbourg, club qu’il entraînera à plusieurs reprises.

Les jeunes veulent jouer, tout simplement

Aujourd’hui, les clubs français sortent de plus en plus de jeunes talents de leur centre de formation. Qu’ils soient pensionnaires de Ligue 1, de Ligue 2 et même, plus rarement, des divisions inférieures, les équipes françaises se concentrent à présent sur la formation. Cet apprentissage permet à ces joueurs de s’améliorer tactiquement. Le talent, ils l’ont déjà. Ce sens tactique que possède la formation française est un vrai plus. Il permet d’être bon assez rapidement avec un club Allemand. « Quand on voit la réussite des joueurs français en Bundesliga, on s’aperçoit que c’est un championnat qui nous correspond », disait Baptiste Santamaria, 26 ans et milieu de terrain à Fribourg.

Baptiste Santamaria célébrant un but pour Fribourg (crédit photo : Eurosport)

Pour autant, de nombreuses pépites leur échappent. Ces joueurs, pas tout le temps conservés dans leurs clubs respectifs, décident d’aller voir ailleurs. La raison principale de ces envies est tout simplement le temps de jeu. Les jeunes veulent jouer, s’épanouir. Mais avec toujours plus de joueurs de talent, les clubs gèrent mal certains cas. Ils ne croient pas en ce joueur, ils ne lui laissent pas sa chance. C’est le cas au Paris Saint-Germain depuis quelques années notamment. Avec des ambitions toujours plus grandes, le club de la capitale peut frustrer certains joueurs.

En effet, l’intégration de ces derniers est parfois compliqué. Sûrement due à la concurrence et donc au manque de temps de jeu. Ainsi, des joueurs comme Christopher Nkunku, Moussa Diaby et même Tanguy Nianzou ont décidé de partir en Allemagne. Tous veulent jouer pour progresser. « J’ai vu que la mentalité des entraîneurs et des staffs, c’était: ‘t’es bon, tu mérites, t’es travailleur, tu vas jouer’. On ne va regarder ni ton âge ni ton CV. Tu peux venir du plus petit club de Ligue 2 ou du plus grand de Ligue 1, si tu mérites de jouer, tu vas jouer. », expliquait Ibrahima Konaté, défenseur de 21 ans jouant au RB Leipzig.

Un championnat avec de nombreux atouts

En plus d’offrir du temps de jeu aux jeunes, les clubs allemands et la Bundesliga en général, possèdent d’autres qualités. En effet, le championnat est très intéressant. « C’est un championnat ouvert, qui est plaisant avec de très beaux stades et de belles infrastructures », selon Abdou Diallo, ancien du BvB. La Bundesliga est portée vers l’attaque, pour l’épanouissement des joueurs sur le terrain, pour laisser des libertés à ces derniers. Grâce à cela, les joueurs peuvent faire parler pleinement leurs qualités sur le terrain. On pense notamment à Alassane Pléa, Mattéo Guendouzi, Maxence Lacroix, mais aussi Nordi Mukiele, qui s’éclatent avec leur formation.

French connexion au Borussia (crédit photo : Eurosport)

De plus, les stades pleins, hors Covid bien sûr, ça fait rêver. Être poussé par son public pendant les quatre-vingt-dix minutes, s’arracher sur la dernière action pour eux. Il n’y a rien de plus motivant. L’Allemagne, c’est la fête, c’est les supporters qui chantent, qui font les déplacements. L’Allemagne c’est sûrement, dans les 5 grands championnats, le championnat qui transmet le plus d’engouement.

L’impressionnant tifo des supporters du Borussia Dortmund (crédit photo : Football 365)

Le taux de remplissage est assez parlant. Avec 18 clubs engagés en Bundesliga, le taux de remplissage est de 91,09% sur la saison 2019/2020 ! D’après Moussa Niakhaté, défenseur de Mayence formé au FC Metz, la Bundesliga est mieux que la Ligue 1 : « C’est vraiment un football différent. Il y a moins de calcul, les stades sont remplis à tous les matches, il n’y a pas de débat à avoir. Il n’y a pas de 0-0 ». De quoi donner des idées à nos jeunes Français.

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