Şenol Güneş : La confirmation 20 ans plus tard ?

Senol Günes, sélectionneur de la Turquie Euro 2020

Nouveau rendez-vous important pour la Turquie et avec Şenol Güneş comme leader sur le banc. L’entraîneur, qui a écrit l’une des plus belles pages du football turc, a réorganisé une sélection sur la pente descendante depuis la demi-finale de l’Euro 2008.

La Turquie de Güneş, c’était d’abord une troisième place au Mondial 2002 en Corée du Sud et au Japon. L’apogée d’une aventure merveilleuse qui a duré quatre ans (2000 – 2004). Depuis, le natif de Trabzon s’était retiré de la sélection avant d’être rappelé quinze ans plus tard. Un retour décisif sur le banc d’une sélection rajeunie qui respire la passion, la compétitivité et l’assurance.

Une sélection européenne

La Turquie arrive à l’Euro 2020 comme outsider mais aussi avec l’intention de confirmer les espoirs placés en elle. L’objectif est d’effacer le parcours peu reluisant lors de la dernière édition, surtout après avoir manqué celle de 2012. En France, la Turquie n’a pas dépassé les poules alors que la compétition offrait pour la première fois une chance aux meilleurs troisièmes. Une déception pour une équipe qui a écrit son histoire récente à travers cette compétition qui l’a fait renaître.

Cette renaissance et cette histoire bâtie autour du tournoi européen, la Milli Takım ne les doit pas à Şenol Güneş, le mythique sélectionneur de 2002. C’est surtout l’œuvre d’une autre légende. La plus connue, le fameux Fatih Terim qui a placé la Turquie sur la carte du football. 1996, en Angleterre, une première qualification à une compétition majeure après le Mondial 1954. Terim amenait la Turquie pour la première à une phase finale de l’Euro. Ensuite, son plus grand succès reste l’Euro 2008 en Suisse et en Autriche. Une troisième place pour celui que l’on considère comme le père de Galatasaray.

Entre la sélection et Galatasaray, Terim restera sans doute à jamais l’empereur du football turc. (crédit photo : Tunisie Numérique)

Malgré une empreinte aussi grande, Terim a péché là où Şenol Güneş a réussi : la Coupe du monde. En effet, au cours de ses trois passages au sein de la sélection, le légendaire sélectionneur n’a jamais réussi à atteindre le Mondial. Une tache dans sa carrière ? Ce n’est pas vraiment l’avis d’Atakan Anil du média TurcFootball. « Fatih Terim et Şenol Güneş sont deux personnages très respectés en Turquie. Terim a fait grandir notre football dans les années 90 et l’a hissé jusqu’à la troisième place de l’Euro en 2008. Il n’a jamais eu une génération exceptionnelle comme celle de Güneş en 2002. Le début des années 2000 était une belle période pour le football turc avec le Galatasaray de Terim vainqueur de la Coupe de l’UEFA 2000 et Senol Güneş qui a eu des joueurs exceptionnels comme Hakan Şükür, Hasan Şaş, Emre Belözoğlu ou Nihat Baştürk, entre autres. ».

Un premier tour en dents de scie, mais la passion et la ténacité hissera la Turquie de Güneş sur le podium mondial en 2002. (crédit vidéo : Fifa TV)

2002, sans doute la plus grande année du football turc. Vaincue en demi-finale par le Brésil, futur champion du monde, l’Ay-Yıldızlılar (la lune aux étoiles, NDLR) a terminé troisième en s’imposant contre la Corée du Sud. Depuis, « le soleil » (surnom de Güneş, NDLR) a gagné une place importante dans le cœur des fans de la sélection car depuis cette épopée, la fête du football mondial reste un rêve pour les Turcs.

Le sélectionneur a ressurgi après le court passage d’une autre légende du football européen, le Roumain Mircea Lucescu. Le bâtisseur du Shakhtar actuel avait pris la place d’un Terim démissionnaire en 2017. Cependant, la mauvaise campagne lors de la première édition de la Ligue des Nations sonnera sa fin prématurée.

« Nous sommes une famille »

Selon Güneş, « la sélection est une famille. Tous les joueurs sont des enfants de la Turquie ». L’état d’esprit est clair et l’union semble être le mot d’ordre. Mais dans le football, les discours ne sont jamais beaux si les résultats ne sont pas là. Cela, la Turquie ne l’a pas oublié et Güneş a ramené ce que tous les fans attendaient : les victoires et le rêve.

« Nous avons été excellents lors des éliminatoires du championnat d’Europe et nous avons assuré notre qualification avant les derniers matchs. Cela nous a insufflé une grande confiance. Je pense que nous pouvons tout réaliser tant que nous sommes bien concentrés. Sortir des groupes est l’objectif ».

Burak Yilmaz, l’attaquant vedette, a déjà fixé les ambitions du groupe. (Fotomaç)
Un peu moins d’un an après son sacre mondial en Russie, l’Équipe de France s’est fait doucher à Konya par la fougueuse jeunesse turque (crédit vidéo : FFF)

Effectivement, la campagne de qualification pour l’Euro 2020 a été d’un très grand niveau. La France peut en témoigner. Logée dans le même groupe que le tenant du titre mondial, la Turquie a perdu la première place dans les ultimes journées. Deuxième certes, mais elle peut se vanter de n’avoir pas perdu contre la bande de Deschamps. Victoire à domicile 2-0 puis match nul au Stade de France 1-1.

D’ailleurs, le but de Giroud pour les Bleus lors du retour a été l’un des trois que la Turquie a encaissés durant cette phase de qualification. Les deux autres ont été contre l’Islande à Reykjavík (défaite 2-1, doublé de Gylfi Sigurðsson, NDLR). Les Vikings, la seule équipe qui a tenu tête aux Ottomans, avec une victoire et un nul. Le reste des matchs, c’était des formalités contre l’Albanie, la Moldavie et l’Andorre.

« Notre groupe n’était pas facile avec des nations comme la France et l’Islande. Il y avait trois places pour deux. Nous avons terminé meilleure défense des éliminatoires et cela grâce à Güneş. Tactiquement, il est très fort, il ne se trompe jamais. Malgré son âge, 69 ans, les joueurs sont prêts à tout donner pour lui car ils reconnaissent cette qualité en lui », analyse Atakan.

Une défense solide

Vous l’aurez compris, la Turquie s’est reposée sur une défense très solide pour atteindre la phase finale de l’Euro. Toutefois, les qualifications en cours pour Qatar 2022 veulent prouver le contraire (cinq buts encaissés en trois matchs, dont trois contre la Lettonie). Néanmoins, la sélection est actuellement leader du groupe devant les Pays-Bas, qu’elle a battus à Istanbul. Même avec cela, le constat du groupe est mitigé, ce qui montre l’état d’esprit d’une équipe qui veut tout faire à la perfection.

« Si on nous avait dit que nous obtiendrons sept points en trois matchs, nous l’accepterions volontiers. Cependant, nous étions tristes du scénario du dernier match. Nous nous excusons auprès de tout le monde. On aurait dû avoir neuf points ».

Malgré la position de leader, Yilmaz ne cache pas sa déception après le match nul contre la Lettonie (3-3). (Fotomaç)

Une contre-performance qui n’inquiète pas pour autant les fans pour l’Euro que la Turquie ouvrira vendredi contre l’Italie à Rome. Malgré l’absence sur blessure de Cenk Tosun, l’artificier des éliminatoires avec cinq buts, la Milli Takım fait confiance à sa génération dorée qui respire la passion de ses jeunes défenseurs comme Merih Demiral, Kaan Ayhan, Çağlar Söyüncü ou encore Zeki Çelik.

Çağlar Söyüncü, 25 ans, sera l’un des joueurs à suivre, le mur turc est le symbole d’une défense qui se veut infranchissable. (crédit vidéo : Erdem Ateş)

Une arrière-garde qui rassure le spécialiste et fan de la sélection. « La défense est notre force et nous avons de très bons jeunes joueurs dans ce domaine. Söyüncü de Leicester ou Demiral de la Juve sont très forts et sont des joueurs d’avenir. Une bonne équipe est en train de naître comme la Belgique il y a quelques années. L’équipe a la moyenne d’âge la plus basse de l’Euro ».

Avec cette assurance derrière, s’ajoute un milieu de terrain blindé de talents, ce qui permet au technicien de pouvoir varier son dispositif selon l’adversaire. Entre le 4-3-3 offensif et le 4-1-4-1, plus défensif, Şenol Güneş peut faire valoir beaucoup d’arguments pour faire déjouer ses adversaires. Hakan Çalhanoğlu, malgré sa saison mitigée à l’AC Milan, est l’une des grandes figures aux côtés d’Okay Yokuşlu, plus défensif et du virevoltant Yusuf Yazıcı.

En attaque, Yılmaz reste la star en dépit de son compteur vierge durant les éliminatoires. Une disette finalement balayée par sa grande saison à Lille avec qui il est devenu champion de France. Des performances de haut niveau qui font de lui le taulier de l’armada turque avec Cengiz Ünder de Leicester et Kenan Karaman de Düsseldorf. Pour le suppléer, Enes Ünal peut toujours jouer le rôle de joker.

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