Euro 2020 : Le moment de passer un cap pour la Suisse ?

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Coupe du Monde 2014, huitième de finale. Euro 2016, huitième de finale. Coupe du Monde 2018, huitième de finale. Les compétitions s’enchaînent mais le scénario reste le même. Un but cruel au bout des prolongations en 2014 par Ángel Di María, une élimination aux tirs au but face à la Pologne en 2016 et une défaite amère 1-0 face à la Suède en 2018. C’est l’histoire de la Suisse. Souvent présente mais pas assez flamboyante.

Placée dans le groupe A pour cet Euro 2020, la Suisse a toutes ses chances. Malgré le fait que l’Italie semble au-dessus, la Turquie et les Pays de Galles sont des concurrents directs. Il ne faudra pas manquer ces matchs pour espérer une nouvelle qualification en huitièmes de finale. Cette année, et comme pour l’édition précédente, 24 équipes participent à l’Euro. Par conséquent, les quatre meilleurs troisièmes se qualifieront pour le prochain tour. Plus de chances certes, mais un parcours qui ne rassure pas spécialement et un effectif avec quelques points d’interrogation.

Que faire de Xherdan Shaqiri ? Comment pallier ce manque offensif ? Comment motiver un groupe qui n’a que très peu bougé depuis plusieurs années maintenant ? Tant de questions pour peu de réponses. Ces dernières arriveront à l’issue du match du jour : Pays de Galles – Suisse.

Une qualification pas si évidente

Vladimir Petkovic est le sélectionneur de cette génération qui rentre un petit peu dans l’histoire du pays. L’Euro 2020 est synonyme de troisième compétition internationale consécutive, après l’Euro 2016 et la Coupe du monde 2018 pour l’actuel sélectionneur. Pour cette édition, le tour de qualification n’a pas été facile. Une remontada subie dès la deuxième journée face au Danemark (3-0 à 10 minute de la fin ; 3-3 score final) mais aussi un but marqué dans le dernier quart d’heure de jeu alors qu’en face ce n’était « que » la Géorgie (1-0). Il y a également le nombre de buts concédés dans les 10 dernières minutes (5 buts sur 6, le sixième étant à la 74e minute).

Magnifique enchaînement des Suisses face à l’Irlande, quel but !

Dans le groupe D, lors des phases de qualification, la Suisse a rencontré Gibraltar et la Géorgie mais aussi l’Irlande et surtout le Danemark. Une lutte acharnée entre trois nations pour seulement deux tickets. Malgré le fait que la Nati a terminé première de son groupe, le parcours a été assez poussif. En effet, les hommes de Petkovic occupaient la troisième place à deux journées de la fin. Les deux dernières rencontres étaient successivement face à la Géorgie (1-0) puis Gibraltar (6-1). Ces deux victoires de rangs ont même permis aux Suisses de se placer en tête de son groupe. Une première place certes, mais surtout des interrogations qui planent autour de la sélection. Ces huit matchs ont surtout dévoilé les points forts et les points faibles de l’équipe. Au final, cela reste une nouvelle qualification pour ce pays où le football est loin de régner.

Le classement final du groupe D avec la Suisse en première position (crédit photo : Eurosport)

Une équipe expérimentée

Avant cet Euro et malgré quelques doutes, Vladimir Petkovic peut s’appuyer sur des certitudes. Tout d’abord, la Suisse encaisse peu de but. Avec Yann Sommer dans les cages et une défense à 5, la Nati est assez solide défensivement. Seulement six buts encaissés en huit rencontres, la phase défensive est, sans aucun doute, l’une de ses forces. Pour autant, elle a tendance à se déconcentrer dans les derniers instants de la partie. Attention à ce défaut qui va peut-être (de nouveau) leur jouer des tours. Enfin, durant cette phase de qualification, les hommes de Petkovic ont montré au grand public un problème offensif. Sans numéro 9 de classe mondiale, les Suisses vont sûrement manquer des occasions cruciales alors qu’elle n’en aura pas une infinité. Les Gallois sont assez rigoureux, l’Italie est bien en place tactiquement et enfin la Turquie est la meilleure défense de la phase de qualifications. Solide.

La Nati espère bien se sortir des phases de groupes ! (crédit photo : Foot Mercato)

La défense, composée d’Elvedi, Akanji et Schar, ne pourra pas contrer toutes les offensives adverses. Il faudra que les attaquants tels que Seferovic, Embolo et surtout Shaqiri fassent le job. Au vu des récentes performances, les Suisses peuvent viser une nouvelle qualification en huitièmes de finale. Avec la possibilité de se qualifier en terminant troisième, ils ont toutes les raisons pour y croire. Pour autant, Vladimir Petkovic le rappelle : « Il ne faut jamais oublier qu’une qualification pour une Coupe du monde ou un Euro demeure un grand résultat pour la Suisse. ». Simple message de félicitations adressé à ses joueurs ou alors message d’alerte ? Chacun l’interprètera à sa manière, mais Petkovic semble assez frileux… à moins qu’un homme vienne lui faciliter la tâche.

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Xherdan Shaqiri, le facteur X

Xherdan Shaqiri à l’Euro, que de bons souvenirs. Une bicyclette venue d’ailleurs réalisée par le Suisse. Du haut de son mètre soixante-neuf, Shaqiri s’était envolé pour survoler ses adversaires. Deux années plus tard, il avait quitté Stoke City pour Liverpool. À l’heure actuelle, Liverpool n’en veut plus et souhaite s’en séparer cet été.  À 29 ans, il devrait être au top de son niveau. Mais non. Loin de là. À Liverpool depuis 2018, il ne joue que très peu. Cette saison, en Premier League, il n’a joué que 16% des minutes possibles, soit 556 minutes. C’est peu. Trop peu. Pire, la saison dernière, il n’avait participé qu’à 7 matchs contre 14 cette année. Sur ces deux saisons, il comptabilise 1 petit but. Dans les faits, Xherdan Shaqiri sort de deux saisons blanches.

Le but somptueux de Shaqiri face à la Pologne lors de l’Euro 2016

Sa place dans les 26 pouvait alors être remise en question. Mais finalement, il est bien là. Ce dernier avait fait le choix de ne pas participer aux matchs de qualif’ pour se concentrer sur son club. Choix perdant car il n’a pas eu plus de temps de jeu alors que cette trêve internationale pouvait justement lui en offrir. La star suisse arrive donc sans rythme et très loin de la forme de sa vie. Positionné en numéro 10 ou en tant qu’ailier droit, il a disputé deux mi-temps sur les matchs de préparation. Un retour progressif semble être l’option choisie.

Sera-t-il capable de tenir tout un match ? Pas sûr. Malgré cela, il reste un atout majeur pour sa sélection, un joker de luxe. Sur ses deux rencontres, il ne s’est pas montré décisif. Capable du meilleur comme du pire, il incarne à la perfection le joueur star. Sur un éclair tout est possible. Xherdan Shaqiri a la capacité à débloquer des matchs tout en étant invisible tout le reste de la rencontre. C’est sûrement pour cette raison qu’il a été appelé car il est difficile de s’en passer.

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Enfin, la Nati semble armée pour se sortir des poules mais sans pour autant viser plus haut. En huitièmes de finale, elle pourra affronter le premier du groupe B en faisant partie des meilleurs troisièmes ou bien le deuxième de ce même groupe en terminant deuxième. Les Suisses n’espèrent qu’une chose : faire mieux que les précédentes compétitions même s’ils sont conscients des difficultés de leur équipe.

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