La République Tchèque en mission commando

République Tchèque

Ce lundi 14 juin, la République Tchèque retrouvera l’Euro pour la septième fois consécutive. Placée dans un groupe relevé avec la Croatie, l’Écosse et surtout l’Angleterre, l’objectif de la Národní tým sera de jouer les trouble-fête pour survivre au moins jusqu’aux huitièmes de finale.

Finaliste de l’édition 1996, puis éliminée dès les poules en 2000. Demi-finaliste en 2004, puis de nouveau sortie en phase de groupe en 2008. Quart-de-finaliste en 2012, puis dernière de son groupe en 2016. Les campagnes européennes de la Tchéquie suivent une certaine logique mathématique qui voudrait les voir atteindre les huitièmes cet été. Un scénario loin d’être fantaisiste puisqu’en cas d’échec dans la course à la deuxième place, les Tchèques auront l’opportunité d’être repêchés si ils font partie des meilleurs troisièmes.

Des débuts en fanfare

Suite à la disparition de la Tchécoslovaquie en 1993, deux nouvelles équipes voient le jour : la Slovaquie et la République Tchèque. Si les premiers cités n’ont jamais fait mieux qu’un huitième de finale atteint en 2016, les seconds ont été l’une des meilleurs sélections de la fin du XXème siècle. Pour sa première grande compétition en tant que nation indépendante, la Tchéquie fait sensation à l’Euro 1996.

Après un début poussif (qualifiés de justesse avec 4 points sur 9 possibles), les Tchèques éliminent le Portugal (1-0) en quarts. En demie-finale, c’est la France qui défie les hommes de Dušan Uhrin à Old Trafford. Aucun but n’est inscrit dans le temps réglementaire, c’est aux tirs aux buts que se fera la décision. Les cinq premiers tirs font mouche des deux côtés, mais Petr Kouba détourne la sixième tentative de Reynald Pedros. Dernier tireur, Miroslav Kadlec élimine la bande à Zidane et envoie la République Tchèque en finale.

Zinédine Zidane, Laurent Blanc, Youri Djorkaeff et les Bleus s’inclinent aux tirs aux buts face à une solide équipe tchèque.

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À Wembley, devant plus de 73 000 spectateurs, les Tchèques font face à une impressionnante équipe d’Allemagne. Déjà opposés en phase de poules, c’était les Allemands qui s’étaient imposés 2 à 0. En finale, le scénario est différent. Patrik Berger ouvre le score sur penalty, puis Oliver Bierhoff remet les Allemands sur de bons rails. But en or. C’est de nouveau Bierhoff qui vient mettre fin aux rêves tchèques. Malgré un excellent parcours, l’Euro échappe de peu aux partenaires de Kadlec.

Un manque de régularité

La suite de l’histoire tchèque est moins impressionnante. En alternant le bon et le moins bon, la sélection nationale est petit à petit rentré dans le rang et n’a plus atteint le dernier carré depuis dix-sept ans. Pire, elle ne sort des poules qu’une fois sur deux. Lors de la dernière édition en France, les Tchèques sont sortis par la petite porte avec seulement un seul point glané en trois rencontres. Battue d’entrée par l’Espagne (1-0), la Národní tým arrache le nul face aux Croates (2-2). Condamnée à l’exploit pour terminer meilleure troisième, la Tchéquie chute définitivement face à la Turquie (2-0) et dit adieu à l’Euro à peine une semaine après son entrée en lice.

Burak Yilmaz prend l’avantage sur Jaroslav Plašil, comme la Turquie sur la Tchéquie (crédit photo : Soccersouls).

Les qualifications pour la Coupe du Monde en Russie n’ont pas non plus été rassurantes en vu de l’Euro 2020. Troisième de son groupe, la République Tchèque échoue derrière l’Allemagne et l’Irlande du Nord. Heureusement, la récente campagne de qualification aura légèrement rassuré les protégés de Jaroslav Šilhavý qui terminent deuxièmes derrière l’Angleterre, mais devant le Kosovo.

Mais de nombreux doutes planent encore sur le niveau réel de la sélection tchèque. Les deux matchs amicaux de préparation n’ont pas vraiment rassuré les supporters quant à la capacité de leur équipe à résister aux cadors européens. Une défaite cuisante 4 à 0 face aux Italiens, puis un succès long à se dessiner face à l’Albanie (3-1) justifient les craintes des observateurs. Opposés à l’Écosse d’entrée de jeu, les Tchèques n’auront pas le droit à l’erreur dans ce match déjà décisif.

Un groupe tchèque expérimenté et talentueux

La liste des 26 de Jaroslav Šilhavý n’est pas la plus impressionnante de cet Euro. Pourtant, on y trouve quelques beaux noms. Le gardien sévillan Tomáš Vaclík présente un très beau CV et gardera les cages sauf blessure. À 32 ans, son expérience parle pour lui. À droite de la défense, Vladimír Coufal est titulaire indiscutable à West Ham et sera un atout de poids pour les lions tchèques. Son équipier en club et en sélection Tomáš Souček est l’un des tout meilleurs milieux relayeurs de Premier League. À 26 ans, il endossera le rôle de leader technique sur le terrain.

Le milieu du Hertha Berlin Vladimír Darida portera quant à lui le brassard de capitaine. Présent en équipe nationale depuis 2012, il est l’une des valeurs sûres de l’effectif. En pointe, le sélectionneur devrait logiquement donner sa confiance à Patrik Schick. Habitué des sélections jeunes qu’il a côtoyé dès les moins de 16 ans, le buteur de Leverkusen s’est parfaitement acclimaté chez les A en inscrivant 11 buts en 26 sélections.

Patrick Schick n’a que 25 ans mais est déjà l’un des meilleurs à son poste en Bundesliga (crédit photo : Kicker).

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Sa doublure, Adam Hložek, sera également à suivre attentivement. La pépite du Sparta Prague, également capable d’évoluer sur l’aile gauche, a inscrit 15 buts et délivré 8 passes décisives en Fortuna Liga. Ce qui en fait tout simplement le meilleur réalisateur du championnat tchèque. À seulement 18 ans, on ne peut que s’incliner devant le talent de l’attaquant, qui pourrait bien être le facteur X de cette équipe.

Trois forfaits qui n’arrangent rien

Ce groupe, bien que talentueux, souffre de la comparaison avec l’ancienne génération. Petr Čech, Tomáš Rosický ou encore Jaroslav Plašil auront marqué la sélection de leur empreinte et leurs successeurs tardent à se révéler. L’âge moyen du groupe des 26 est d’ailleurs de 28 ans. Hormis Hložek, seul le défenseur du Slavia David Zima compte moins de 23 ans. La New Gen’ n’est donc que trop peu représentée chez les Tchèques, qui n’auront pas forcément les moyens de dynamiter les fins de rencontres avec l’entrée de jeunes pépites.

La sélection est également victime de trois forfaits importants qui auront sûrement un impact sur la solidité défensive des Tchèques. Amputée de son deuxième gardien Jiří Pavlenka, blessé, la Národní tým a dû rappeler Tomáš Koubek en renfort de dernière minute. Un deuxième forfait à ce poste, puisque le prometteur Ondřej Kolář avait déjà dû renoncer à l’Euro suite à une blessure subie en mars dernier. En huitièmes de finale d’Europa League, l’attaquant des Glasgow Rangers Kemar Roofe avait en effet planté ses crampons dans le visage du gardien du Slavia.

Les marques impressionnantes des crampons de Kemar Roofe sur le visage d’Ondřej Kolář. Le portier du Slavia devra porter un casque toute sa carrière, comme un certain Petr Čech…

Ce match est également à l’origine du troisième forfait au sein de cette équipe. Le défenseur central Ondřej Kúdela, élu meilleur défenseur de Fortuna Liga, aurait prononcé des insultes racistes envers le Finlandais Glen Kamara. C’est en tout cas ce qu’a jugé l’UEFA, qui s’est montrée intraitable sur ce sujet : Kúdela a écopé d’une suspension de dix matchs européens, en club et en sélection. Résultat, un forfait qui pèse lourd pour la République Tchèque, privée de l’un des ses tauliers en défense.

Après ce dernier Rangers-Slavia, l’ambiance promet d’être électrique à Glasgow. Le sélectionneur tchèque a d’hors et déjà calmé le jeu. « Il n’y a absolument pas d’animosité de notre part, et je crois que le match sera fair-play, un pur spectacle que le public appréciera ». Ne manquez surtout pas ce Tchéquie-Écosse à quinze heures.

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