Athènes, ton univers impitoyable

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Olympiakos, Panathinaïkos, AEK… À l’instar de grandes villes comme Londres ou Milan, la capitale grecque réunit plusieurs clubs historiques. Dans un pays où l’Euro 2004 éveille encore de merveilleux souvenirs, le foot version Athènes (et surtout hellénique) souffre pourtant de nombreux maux. Reportage dans la capitale.

Ils s’appellent Giorgos Karagounis, Stelios Giannakopoulos, Angelos Charisteas, Antonios Nikopolidis… En 2004, le sol de l’Estadio Da Luz souhaitait voir vibrer sur elle les onze millions de Portugais en finale de l’Euro avec un Cristiano Ronaldo, minot de dix-sept ans à l’époque, brandir le douzième championnat d’Europe des Nations. Tel le théâtre de Dionysos et le Parthénon, la bande à Otto Rehhagel (sélectionneur allemand de la Grèce de 2001 à 2010, NDLR) réalisera le plus grand hold-up de l’histoire et crédite un héritage grec déjà bien fourni sur le plan sportif. Olympie ne dira pas le contraire.

Dix-sept ans plus tard, la Grèce rêve sa vie plutôt que vivre ses rêves. Et ne s’appuie pas sur cette incroyable performance. Les clubs du pays ne progressent pas, les entraîneurs ne survivent pas, les dirigeants s’auto-administrent le pouvoir… L’épopée de 2004 n’a pas été un tremplin. Pourquoi ? Éléments de réponses au coeur de la capitale, symbole d’un folklorisme.

De l’ombre à la lumière, retour sur la formidable épopée tactique de la sélection de Grèce à l’Euro 2004 (crédit vidéo : Youtube « Un Max de Foot »)

Secrets d’histoire, sacré héritage

Quand on pense à la Grèce, on pense tout de suite « îles », « JO », « Athènes », « Acropole », « ambiance chaude »… Quand on arrive sur place, on le ressent de suite. Nous sommes dimanche, un soleil de juin dans cette cité où scintille aussi d’autres monuments incontournables. Le Parthénon se porte bien avec le come-back de ses touristes, le stade Panathénaïque se refait une beauté en vue de travaux de rénovation, les terrasses des bars et restaurants du quartier branché « Plaka » profitent de nouveau… jusqu’à 0h30 couvre-feu oblige. Bref, la Grèce revit après six mois de confinement strict à cause de la pandémie de Covid-19. La date du 14 mai, synonyme de réouverture progressive des frontières helléniques, a permis au pays de respirer. Et il le fallait vu que 15% de son PIB est lié au tourisme.

Côté sport, l’héritage grec ne se situe pas seulement dans le Péloponnèse, 290 km à l’ouest d’Athènes, berceau des Jeux Olympiques, les modernes existant depuis 1896 avec la toute première édition à Athènes. Six années plus tôt, le Panionios FC d’Alia Camara (évoluant aujourd’hui en deuxième division) fait surface. C’est le plus vieux club de Grèce avant l’Apollon Smyrnis (1891). S’en suivra le Panathinaïkos en 1908, son rival historique l’Olympiakos en 1925 et l’AEK Athènes un an plus tôt. L’Atromitos FC aussi en 1923. Certains clubs comme l’AEK Athènes ou le PAOK Salonique ont d’abord été crées par des « Micrasiates », ces Grecs d’Asie Mineure (de Turquie) essentiellement à Constantinople, l’actuel Istanbul. Avant un transfert en terre hellénique. Ils sont à l’époque exilés en raison de la guerre gréco-turque (1919-1922). Surnommé la « Grande Catastrophe », ce conflit amènera un grand échange de population en 1923 : le traité de Lausanne.

Le douloureux chassé-croisé gréco-turc - La Liberté
Environ 1,3 million de chrétiens orthodoxes quitteront la Turquie pour rejoindre la Grèce dans des conditions insoutenables ici au sein du port d’Izmir. Les plus de 400 000 musulmans de Grèce (essentiellement de Thrace) feront le chemin inverse après la guerre gréco-turque (crédit photo : La Liberté © DR)

Antetokounmpo, Tsitsipas, Sakkari… et le foot

« Le ‘K’ dans AEK et PAOK veut dire Constantinople. AEK signifie ‘union athlétique de Constantinople’ en grec. Par conséquent, il y a une attache à l’histoire non seulement au club mais aussi à celle du pays. Les réfugiés grecs de cette ville ont fondé l’AEK Athènes à Néa Filafelfeia, un quartier de la capitale grecque » souligne Stéphane Levenheck, CM d’AEK Athènes France. Les relations actuelles tendues entre Grèce et Turquie peuvent s’expliquer par des contentieux historiques.

Après avoir été colonisés pendant quatre siècles, les Grecs se soulèvent contre l’Empire Ottoman en 1821 : c’est le début d’une Révolution Grecque qui durera jusqu’en 1829. Grâce au Royaume de France, l’Empire Russe et le Royaume-Uni, la Grèce obtiendra son indépendance dont elle a fêté par ailleurs les 200 ans du début du soulèvement. Deux siècles plus tard, inutile de dire que l’orthodoxie est plus que prédominante dans un pays où c’est la religion d’Etat.

Malgré l’intermède Euro 2004, et mis à part la « Super League Ellada » – nom du championnat national – les Grecs n’ont pas vraiment d’yeux en ce moment pour le ballon rond mais plutôt pour d’autres ambassadeurs. NBA avec l’ailier fort de Milwaukee Giannis Antetokounmpo, MVP de la saison régulière en 2020, issu de l’immigration nigérianne mais considéré apatride jusqu’à ses dix-huit ans, avant de devenir juridiquement citoyen grec. Le tennis aussi, à l’aune d’une Maria Sakkari récente demi-finaliste à Roland Garros avant d’échouer face à la Tchèque Barbora Krejcikova. « Tu savais qu’elle sort avec le fils de Kyriakos Mitsotakis ? (le Premier Ministre grec, NDLR) » me dit tout sourire Adonis (19 ans), gréco-américain, assis à côté de moi devant la Place Syntagma, le vieux parlement grec, en plein mouvement contestataire.

« Le gouvernement souhaite prolonger la durée journalière de travail de 8 à 10h sans payer le surplus. Ce projet de loi du parlement est vivement contesté ! « . Chris Theotokis (journaliste pour Zouggla.gr) décrit cette grève partielle à Athènes avec les transports en commun indisponibles. (crédit photo : Nassim JABEUR, tous droits réservés)

Ultra présent sur les affiches d’arrêts de bus et dans les campagnes TV, Stefanos Tsitsipas continue d’envoyer quant à lui des parpaings sur la terre ocre porte d’Auteuil avant de perdre sa toute première finale face au Serbe numéro un mondial Novak Djokovic. « On est fiers de Giannis et Tsitsipas ici ! » s’exclame Dimitris, le frère jumeau d’Adonis. Et pourtant, il y a de quoi s’intéresser au football grec. « Il offre du positif et du négatif. Positif car il existe un bon niveau, pas autant que dans les années 2000 avec deux clubs grecs qualifiés en Ligue des Champions. Négatif car tu verras un président qui entre sur la pelouse ou encore des décisions bizarres. Il peut vraiment tout se passer ! » affirme Martial Debeaux, fondateur du compte « Football grec France » sur Twitter, réunissant 4900 suiveurs.

Retour vers le passé

En me baladant sur la place Monastiraki, en contrebas de l’Acropole, Souvlaki à la main, 27°C à l’ombre, je me rend compte d’une chose commune aux pays méditérannéens : des petits commerces. Au Maghreb, on appelle ça « Hanout ». En Grèce, il y en a partout. Même à dix mètres d’intervalle. Concurrence déloyale ? Les Suédois d’Icona Pop te répondront « I don’t care, I love it » (Je m’en fous, j’aime ça, NDLR) dans leur tube planétaire en 2012.

On y vend autant des boissons fraîches et croissants fourrés aux fruits rouges que des briquets, chapeaux, pailles en bois, cartes téléphoniques et des drapeaux à l’effigie de plus grands clubs. Le rouge de l’Olympiakos, le noir et jaune de l’AEK Athènes, le vert du Pana… Sans oublier la tunique bleue et blanche de l’Ethniki Omada (« équipe nationale » en grec, NDLR) surtout floqué Konstantinos Fortounis, le milieu de terrain de 28 ans de l’Olympiakos, auteur de neuf buts en cinquante-quatre sélections. Le foot reste le sport le plus populaire du pays. Le derby d’Athènes parmi ces trois clubs oppose l’AEK au Pana, tous deux enclavés au coeur de la ville.

Kostas Tsimikas (25 ans/latéral gauche) est considéré comme le nouveau joyau du football grec. Liverpool l’a arraché à l’Olympiakos pour 13 millions d’euros à l’été 2020 ! (crédit Twitter : @LFC)

L’Olympiakos est situé au Pirée, municipalité du sud-ouest d’Athènes. « Certains titillons vous diront que ce n’est pas vraiment une équipe athénienne car elle est située au Pirée… » affirme Martial de « Football Grec France ». C’est le club le plus titré de Grèce et de loin. 78 des 85 championnats sont conquis par le trio athénien. La bande à Pedro Martins a remporté son 46ème championnat en conclusion d’un exercice 2021 malgré un stade Karaiskakis vide de ses supporters à cause du Covid… Mais pas que si on en croît Alexandros Kottis (journaliste franco-grec de l’AFP basé à Athènes) : « Les supporters adverses sont interdits de déplacements depuis quelques années à cause de la violence dans les stades ». Violence, un mot qui rime souvent avec la Grèce. Comme ce fameux Pana-Olympiakos de mars 2019 arrêté à la 69ème minute suite à un envahissement de terrain.

Entre affrontements entre quelques supporters et la police et stadiers débordés par des hooligans, ce « Clasico » version grecque a tourné à la bérézina… (crédit Twitter : @footgrec)

Un an plus tôt, la décision drastique de l’ancien secrétaire d’Etat aux Sports Giorgos Vasiliadis, à l’issue d’une réunion d’urgence avec le Premier ministre de l’époque, Alexis Tsipras, avait fait pourtant l’effet d’une bombe : suspension du championnat. Carrément. Et pour cause. Cela fait suite à des heurts lors du match PAOK/AEK. Le 11 mars 2018, Thessalonique – deuxième ville de Grèce – fût le théâtre d’une scène incroyable. Ivan Savvidis (président du PAOK de l’époque, NDLR) menace l’arbitre avec… une arme attachée sur sa ceinture ! La raison : une décision prise visiblement pas appréciée. Les images avaient fait le tour du monde.

Il était entré armé sur le terrain : le président du PAOK Salonique s'excuse
Ivan Savvidis, toujours à la tête de la présidence du PAOK, arme à la main en direction de l’arbitre de la rencontre face à l’AEK en 2018… (crédit photo : Reuters)

On comprend ainsi la grève des arbitres orchestrée début 2019, juste avant ce Pana-Olympiakos décrit ci-dessus, pour dénoncer le mauvais traitement subi sur le terrain. En effet, suite à de nouveaux incidents dans lesquels des « supporters » détenaient des pétards pour tenter de les intimider lors d’un Volos-Olympiakos (16ème journée, 0-0), ces mêmes arbitres ont avancé la date de grève prévue début janvier 2020 pour manifester leur raz le bol. « Notre patience est terminée, on réclame plus de respect et de compréhension » assument-ils. Symbole de ce marasme, la Fédération Grecque de football a le cul entre deux chaises, capable de condamner « fermement la nouvelle attaque, de type mafieux, envers un arbitre de Super League » tout en mettant à pied… les cinq arbitres officiels de ladite rencontre. « La mise en place du système VAR dans ce match a sans aucun doute été en dessous des attentes » justifie-t-elle.

Matchs truqués et corruption, l’autre gangrène

Les violences sont donc malheureusement régulières en Grèce. C’est le cas aussi des matchs truqués. « Koriopolis » ce nom de vous dit sûrement rien. Pour les Grecs, c’est un fait incontournable. Digne d’une tragédie de la Grèce antique ou du Calciopoli en Italie, le scandale du Koriopolis correspond à des écoutes téléphoniques ayant concernés des clubs athéniens dont l’Olympiakos et son président Evangelos Marinakis, issu du milieu maritime. Et pourtant, le flou autour des sanctions. L’acquittement même pour Marinakis. « Tu donnes une pièce à un Grec, tu le mets dans le jukebox, et il te ressortira des histoires de corruption » s’insurge Martial Debeaux.

Nous sommes en juin 2011. Quelques mois avant, l’UEFA balance un rapport indiquant qu’au moins… 40 matches avaient été truqués dans le pays au cours de la saison 2009/2010, année du dernier sacre du Panathinaïkos. Marinakis est concerné. Leviadakos et l’Asteras Tripolis également. En outre, d’autres membres de l’Olympiakos comme le joueur Avraam Papadopoulos, des dirigeants et officiels du club athénien seront touchés. « C’est la page la plus sombre de l’histoire du football grec » dixit Giorgos Nikitiadis, vice-ministre de la Culture du gouvernement de l’époque.

Evangelos Marinakis (53 ans), le sulfureux président de l’Olympiakos, était aussi président de la Super League et vice-président de la fédération grecque entre 2010 et 2011. Il est aussi à la tête de Nottingham Forest. (crédit photo : News Founded)

« Football Grec France » rajoute : « La corruption n’est pas le problème numéro un en Grèce mais il faut comprendre le contexte. Le Président d’un club grec, c’est Louis Nicollin fois 1000. Il est plus puissant que le maire. Si ta relation est bonne avec lui, il payera ton salaire en heure, tu accèderas aux soins adéquats… À défaut, il ne le fera pas. Mieux vaut être son ami que son ennemi ». Olivier Kapo en sait quelque chose. L’ancien prodige de l’AJ Auxerre et de la Juventus avait dénoncé un système douteux lors de son passage à Leviadakos en 2013/2014.

« En Grèce, c’est la mafia totale ! […] Un club qui a un parcours plus que négatif à l’extérieur et qui termine dans la première partie de tableau ? C’est invraisemblable ! Ils font beaucoup de paris là-bas sur les rencontres. Les matchs sont achetés grâce aux paris truqués. Je n’arrive pas à comprendre comment une équipe qui n’a pris qu’un seul point à l’extérieur peut finir 9ème ! Ce genre de choses n’arrive nulle part ailleurs. L’UEFA ne fait pas attention à la Grèce ! Les matchs ne sont diffusés qu’au pays, voire en Turquie. Certaines rencontres se jouent jusqu’à la 99ème minute« 

Olivier Kapo dans So Foot en septembre 2014

Panathinaïkos, l’ombre de lui-même

La remise en question n’est pas légion chez les clubs grecs, et notamment athéniens. « Dès que l’arbitre a le malheur de se tromper dans une décision, c’est direct le complot ! Et les fans adhèrent. Tu entendras constamment des ‘Ah l’Olympiakos, l’AEK achète le championnat !’ En Grèce, on aime se trouver des excuses… » partage Martial Debeaux également journaliste à « La Nouvelle République ». Il faut dire que les acteurs n’acceptent pas la défaite et partagent une impatience exarcerbée. « Les coachs, en manque de résultats, partent au bout d’un mois ou deux sans qu’on leur laisse leur chance » examine-t-il. C’est en grande partie à cause de cela que le niveau de jeu des clubs grecs en Europe a beaucoup chuté ces dernères années. Seul l’Olympiakos fait bonne figure en campagne européenne comme leur troisième place en groupe de LDC cette année et leur reversement en Europa League jusqu’en huitièmes de finale.

Le Panathinaïkos en est un symbole. Seul club finaliste de Ligue des Champions face à l’Ajax en 1971, le stade Apostolos Nikolaïdis ne résonne plus par des cris de joie et ne joue la quatrième ou cinquième place en championnat. « Le Pana a clairement perdu de sa superbe depuis le départ de Cissé et Govou. Il ressemble à l’AS Saint-Etienne aujourd’hui : historique mais moins performant » dit Martial. Le club vert et blanc aux 20 championnats remportés est en proie à des dettes abyssales.

Insolite. Petros Galaktopoulos (ex-président de la société gestionnaire du stade Olympique, NDLR) a même demandé à ce que les matchs du Pana soient joués l’après-midi afin de réduire la facture d’électricité du stade. C’était en 2012, un an après la fameuse crise économique en Grèce… « On ne payait pas nos joueurs, on a été suspendu d’Europe pendant trois ans, des joueurs ont porté plainte et même des retraits de points » dixit Mathieu Lumineau, le créateur de Panathinaïkos France. L’AEK descendra jusqu’en troisième division en gage de 170 millions d’euros prêtées par l’Etat.

Emmené par le néo-entraîneur légendaire hongrois Ferenc Puskas, le Panathinaïkos échouera en finale face à la Ajax devant plus de 83 000 spectateurs à Wembley. Un lointain souvenir aujourd’hui… (crédit vidéo : Youtube David Abarca)

Horizon radieux ?

Peut-on alors envisager un avenir plus clair pour les clubs grecs ? Le problème est le manque de régularité dans les performances et leur mode de gouvernance très autoritaire. L’AEK et le PAOK n’ont pas confirmé leur statut après leur titre de champion en 2018 et 2019 respectivement. La dette est par-dessus la dette. L’Olympiakos voit en réalité le bout du tunnel. Avec l’arrivée de dirigeants compétents, ex-joueurs du club, le club du Pirée s’est réinventé un mode de gouverance plus moderne.

Le Champion du Monde 1998 Christian Karembeu, l’ancien Monégasque François Modesto ou encore le Sud-Africain Pierre Issa ont été directeur sportif du club. Le président Marinakis a compris l’importance des anciens joueurs. Les trentenaires en fin de carrière sont toujours là. Certes mais plus uniquement. La perspective de recruter des prospects est de nouveau envisageable comme Arthur Masuaku acheté de Valenciennes 300 000€ en 2014 puis vendu 7M€ à West Ham deux ans plus tard.

Mady Camara, le milieu défensif malien de 24 ans, est aujourd’hui coté à plus de 15 millions d’euros... (crédit photo : Conakry Time)

Au final, c’est qui le patron ?

Autre éclaircie, la patience accordée aux coachs. Là aussi, l’Olympiakos fait office de bon élève. En 2018, Pedro Martins arrive sur le banc du club du Pirée mais ne gagne rien pour sa première année. Si vous suivez ce papier depuis le départ, vous avez compris qu’il aurait pris « normalement » la porte. Que nenni ! Le technicien portugais enchaînera avec un doublé coupe-championnat la saison suivante avant de conserver en 2021 la Super League Ellada malgré une défaite en finale de Coupe de Grèce face au PAOK (2-1). L’Olympiakos aura eu raison de lui faire confiance. Pedro Martins est en fin de contrat en 2022. « C’est le meilleur club actuel de Grèce, aucun doute là-dessus » affirme Adonis. « Mais le plus grand ? C’est une question à laquelle on ne pourra jamais répondre » affirme « Football Grec France ».

Les « Gate » sont des emplacements dédiés et reconnaissables aux Ultras des clubs grecs. Ici, le groupe des « Porto Leone » de l’Olympiakos se réunit à la Gate 7 du stade Karaïskakis. La Gate13 au Panathinaïkos est le groupe de supporters le plus ancien de Grèce. (crédit photo : Nassim JABEUR, tous droits réservés)

Stéphane Levenheck d' »AEK Athènes France » est plus catégorique : « Le plus populaire c’est sans doute l’Olympiakos, le Pana n’est pas loin, l’AEK est un peu derrière mais ce sont clairement les trois plus considérés du pays ». Les travées du Karaïskakis stadium peuvent voir venir. La réponse est claire. L’écusson du club Thrýlos (Légende en grec, NDLR) est largement arborée dans les balcons et cafés. Et ce stade moderne bien asservi avec la station de métro « Néo Faliro ».

Moderne et en place depuis 1896, le stade Giorgios Karaïskakis a été le lieu d’un drame en février 1981 : 21 supporters de l’Olympiakos perdront la vie à la suite d’un mouvement de foule dans l’escalier de la Porte 7 (Gate 7). Elle était restée fermée par erreur ! (crédit vidéo : Nassim JABEUR, tous droits réservés)

« Le premier roi de Grèce Othon 1er avait dit : ‘J’aime la Grèce, je n’aime pas les Grecs’. On peut résumer notre pays ainsi » confie Adonis. Par conséquent, voilà ce qu’on peut dire sur la mentalité grecque, un peu conservatrice sur les bords mais riche de talents. L’exemple récent de l’Olympiakos tendant à s’ouvrir dans sa gouvernance montre cependant un début d’évolution dans la gestion d’une entité sportive en Grèce. Dans son ouvrage « Jeux de lumiere sur l’hellade », l’essayiste Jacqueline de Romilly disait en 1996 : « Ce que nous aimons en Grèce, c’est cet effort incroyable pour faire triompher la lumière sur les ombres ». Au final ce qu’on retiendra du « Pays du Soleil ». Moderniser soi-même avant d’amorcer le changement pour autrui, voilà peut-être la clef avant de revoir l’un des trois clubs d’Athènes brandir fièrement son héritage sur la scène européenne.

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