Grasshopper Club Zurich, le retour

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Club le plus titré de l’histoire du football suisse, le Grasshopper Club Zurich n’est plus que l’ombre de lui même depuis près de vingt ans. Relégué à l’issue de la saison 2018/2019, le club parvient à faire son retour deux ans plus tard. Les « Sauterelles » veulent désormais écrire un nouveau chapitre de leur histoire.

Vingt-sept championnats de Suisse, dix-neuf coupes nationales et même une Coupe Intertoto, le palmarès du Grasshopper laisse facilement imaginer quelle place prend le club dans le paysage footballistique suisse. Pourtant, le GCZ évoluait la saison dernière… en Challenge League, la deuxième division helvétique. Son dernier titre en première division remonte à 2003. Sonné, le club zurichois n’est pas pour autant K.O, et pourrait retrouver sa splendeur d’antan dans les années à venir…

Un long déclin

La saison 2002/2003 n’est plus qu’un lointain souvenir pour les supporters du Grasshopper. A l’époque, le club remportait le championnat avec un seul petit point de plus que son adversaire direct, le FC Bâle. Une course au titre effrénée qui semble avoir épuisé les Sauterelles. Lors de la saison suivante, le GCZ termine seulement septième sur dix, loin du peloton de tête. C’est le début d’une longue traversée du désert. Les saisons s’enchaînent sans que le Grasshopper ne puisse jouer les premiers rôles.

En 2003, Mladen Petric et Christoph Spycher célèbrent le but victorieux lors du derby face au FC Zurich (1-0) et filent vers le titre (crédit photo : GCZ).

En 2011/2012, le club frôle la correctionnelle. Sur le plan sportif, la saison est une catastrophe puisque le rival du FC Zurich finit bon dernier. Mais le sort leur vient en aide et le Grasshopper s’en sort miraculeusement. Neuchâtel Xamax est exclu du championnat après le retrait de sa licence et le FC Sion subi une sanction de 36 points pour avoir aligner des joueurs transférés alors que le club était sous interdiction de transfert.

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La saison suivante, la disette de titre prend fin : le club remporte la coupe de Suisse et pense pouvoir relancer la machine. Il n’en sera rien. Le club régresse de nouveau, et se dirige inévitablement vers la Challenge League. La descente aurait pu avoir lieu en 2018, mais le club parvient à se sauver pour quatre points et termine neuvième. Les barrages n’étant réintroduit qu’à partir de la saison suivante, le Grasshopper peut souffler. Le soulagement sera de courte durée.

La descente

La saison 2018/2019 est celle de trop. À l’exception de trois journées passées à la huitième place, le club alterne entre avant-dernier et dernier. Le Grasshopper s’installe définitivement la place de lanterne rouge lors de la 21ème journée. Le club ne fait pas le poids face à ses adversaires et terminera à plus de dix points du neuvième. Le club est d’ailleurs relégué officiellement au soir de la 33ème journée, après une énième défaite sur le terrain de Lucerne (4-0).

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Les supporters zurichois présents en tribunes interrompront même le match avant son terme, exaspérés par les défaites humiliantes reçues tout au long de la saison. Dans une scène presque irréelle, les ultras demandent aux joueurs de retirer le maillot bleu et blanc, les jugeant indignes de le porter. Ceux-ci s’exécutent avant que la situation dégénère, et repartent au vestiaire. Le président Stephen Rietiker demandera des sanctions lourdes pour les supporters de son propre club.

Malgré la présence des forces de l’ordre, les joueurs du GCZ sont forcés d’enlever leur maillot. Du jamais vu dans l’histoire du foot. (crédit vidéo : Youtube PFH)

La saison se terminera par deux défaites et un nul anecdotiques, dont un cinglant 6-1 reçu face au champion, le BSC Young Boys, qui rappelle aux Sauterelles qu’elles sont loin, très loin du plus haut niveau. Après soixante-huit saisons parmi l’élite, le Grasshopper quitte la partie et se voit relégué en deuxième division, niveau qu’il n’avait plus côtoyé depuis 1951. C’est un véritable traumatisme pour le club, mais cette finalité est somme toute logique et ne surprend pas les observateurs.

Les raisons de cet effondrement

Pour retrouver les véritables origines du déclin du GCZ, il faut remonter au début du siècle. À l’époque, les grandes banques nationales n’hésitent pas à investir dans le club. Il faut rappeler que la ville de Zurich est le véritable centre économique et financier du pays. Mais lorsque les étrangers prennent la direction des banques, leur intérêt pour le Grasshopper s’efface assez vite. Si la ville continue à soutenir le club, cela ne suffit plus et l’argent manque. Pas facile de briller quand les caisses du club peinent à être remplies. Le club frôle même la faillite en 2012, puis ne décroche sa licence qu’en deuxième instance en 2014.

Vontobel est la dernière banque à avoir soutenu le Grasshopper (crédit photo : Finews)

Les présidents s’enchaînent sans qu’aucun ne réussisse réellement à apporter une stabilité au club. Entre 2003 et 2020, le mandat moyen est inférieur à deux ans. Dans une société axée sur la mondialisation, le football suisse perd en attractivité et l’intérêt local diminue. La ville de Zurich est aujourd’hui composée de plus de 30 % d’étrangers, dont la plupart ne sont que de passage. Au niveau européen, seuls Bâle et les Young Boys parviennent à mettre en lumière le football suisse. Pas tellement de quoi donner envie aux potentiels investisseurs.

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Les supporters locaux eux-mêmes n’apportent plus le même soutien qu’à une certaine époque. En 2007, le mythique stade du Hardturm est fermé puis démoli l’année suivante. Le club déménage au Leitzigrun, qui n’est autre que l’antre du FC Zurich, le grand rival local. Un mouvement qui ne réjouit pas forcément les supporters, le Leitzigrund étant réputé pour sa « froideur » due à la piste d’athlétisme mettant une distance entre joueurs et spectateurs. L’affluence à domicile connaît une baisse de 3000 personnes en moyenne.

Retour au premier plan

Fraîchement relégué en Challenge League, le Grasshopper aborde la saison 2020/2021 dans l’optique d’une reconstruction. Le club lutte longtemps pour la montée et termine à une honorable troisième place. Après cette saison charnière, le GCZ affiche clairement ses ambitions, à savoir retrouver directement l’élite. Au soir de la neuvième journée, les Sauterelles s’emparent de la tête du classement. Elles ne la quitteront plus, malgré quelques sueurs froides lors des dernières journées, qui voient le FC Thoune revenir à un point du Grasshopper. Mais l’essentiel est là : le Grasshopper Club Zurich est de retour en Super League.

Après une ultime victoire devant Kriens (2-1), les Sauterelles sont officiellement promues en Super League !

Alors, retour provisoire ou définitif ? Tout porte à croire que le club est bien parti pour reprendre définitivement sa place parmi l’élite des clubs suisses. Avec pour commencer, la résolution du principal problème : le manque d’argent. En effet, la nouvelle repreneuse Jenny Wang Jinyuan, femme d’un multimilliardaire, compte soutenir le club activement. « Le Grasshopper Club Zurich est un club de renommée mondiale qui est profondément enraciné dans la ville de Zurich depuis plus de 130 ans. Le soutien de ce prestigieux club de football repose sur une décision stratégique à long terme que j’ai prise de ramener le club au sommet du football suisse. » assume-t-elle.

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Les zurichois soutiennent le projet du Credit Suisse Arena • OStadium.com
La « Crédit Suisse Arena » sera le nouvel antre du GCZ ! (crédit photo : OStadium.com)

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le Grasshopper pourra également bénéficier d’un stade flambant neuf, disponible dès le début de la saison 2022/2023. De plus, le Crédit Suisse sera le nouveau partenaire du club et possède des droits de naming sur le futur stade : la Crédit Suisse Arena. Toutes les conditions réunies, ne manque plus qu’à valider cela sur le plan sportif. La pré-saison ratée (quatre défaites pour une seule victoire) et l’élimination précoce en coupe pouvaient laisser présager le pire. Mais le club s’est parfaitement ressaisi et se retrouve quatrième après treize journées, avec seulement trois défaites. Pas de doutes, le Grasshopper est bel et bien de retour.

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