Palmeiras-Flamengo, naissance d’une nouvelle domination sud-américaine ?

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Considérée comme un choc du football brésilien, cette affiche alléchante entre Palmeiras et Flamengo s’installe peu à peu comme une vraie rivalité. Les deux clubs finalistes de la Copa Libertadores 2021 laissent imaginer qu’ils pourraient installer leur supériorité en Amérique du Sud.

Montevideo accueille ce 27 novembre 2021 l’ultime match de la soixante-deuxième édition de la plus prestigieuse des compétitions sud-américaines. Cette rencontre confirme la domination des clubs auriverdes sur le continent et remet en question la suprématie argentine. Une finale qui traine avec elle des passions du monde entier et la fierté des supporters des deux camps. Palmeiras et Flamengo, ce sont en effet ces clubs qui ont remporté les deux dernières éditions du tournoi, et bien plus encore. Bref, plus qu’une finale, l’affiche tant attendue semble matérialiser une importante ère de renouveau en Amérique du Sud.

Un « simple choc » en passe de devenir un véritable classique

Les rencontres entre Palmeiras et Flamengo sont toujours des matchs importants de la saison, qu’on aime suivre même d’un oeil extérieur. Pourtant, les deux clubs ne constituent pas une rivalité particulière mais incarnent davantage les ambiances chaudes du Brésil. Cependant, les deux projets se sont considérablement renouvelés au cours des dernières années et ont lutté pour de nombreux titres. Ce match pourrait bien être le symbole d’une nouvelle affiche de gala, d’un classique brésilien. Voire même plus que ça : former une nouvelle rivalité.

Il faut dire que ces deux formations ont remporté à elles-seules quatre des cinq dernières saisons de Serie A brésilienne. Deux titres pour Palmeiras, en 2016 et 2018, et autant pour Flamengo, en 2019 et 2020. Les deux équipes ont, en plus, très généralement terminé dans le haut du tableau quand elles n’étaient pas sacrées. Pour ESPN, l’ancien Parisien Diego Lugano commentait récemment cette opposition : « Flamengo et Palmeiras, ce sont à eux deux 60 millions de supporters, deux puissances de ces dernières années, deux institutions qui se sont réorganisées et qui sont aujourd’hui en lutte sur le continent ».

Final Flamengo x Palmeiras mais que dobra a audiência da Globo
Déjà opposés en avril dernier à l’issue de la Supercopa, Flamengo et Palmeiras se retrouvent pour en découdre à nouveau (crédit photo : Fla Resenha)

Ajoutons que les Mengão se sont adjugés les deux dernières éditions de la Supercoupe brésilienne, dont celle de 2021 gagnée face à… Palmeiras, aux tirs au but ! De leur côté, les Verdão peuvent se targuer d’avoir triomphé de Grêmio en finale de Coupe du Brésil 2020. Ils sont aussi le club le plus titré de l’histoire du championnat brésilien. Pour de nombreux journalistes, comme Joaquim Piera pour le média SPORT, un duel historique apparait et grandit depuis cinq saisons désormais entre Palmeiras et Flamengo.

Quelque part, cette finale est aussi un duel géographique entre São Paulo et Rio de Janeiro. Autrement dit, deux des grandes et célèbres villes du Brésil en concurrence sur beaucoup de points autres que le sportif. Cette finale s’apparente donc à une occasion rêvée. Une occasion rêvée pour asseoir sa domination et peut-être aussi signer l’acte de naissance d’une énième rivalité du football brésilien…

Le Brésil, la nouvelle superpuissance du continent

S’il y a bien quelque chose qui n’a pas échappé aux experts du football sud-américain, c’est le changement de domination sur le continent. Cette finale de Copa Libertadores nous offre un second choc 100% brésilien, qui avait lors de l’édition précédente opposé Flamengo à Santos. De manière plus générale, sur les cinq dernières saisons, au moins un club brésilien était représenté en finale. Seule 2018 fait exception avec un mythique affrontement qui avait vu River Plate s’imposer devant son rival, Boca Juniors.

El campeón de 2019, contra el campeón de 2022, definen la 2021.
Le vainqueur de 2019 et de 2020 s’affronteront pour savoir qui sera le gagnant de l’édition 2021… (crédit photo : Marca)

Avec la finale de cette année, on dénombre huit victoires brésiliennes sur les douze dernières éditions du tournoi. Un chiffre qui interpelle et confirme la montée en puissance du football brésilien, accrue récemment. Par ailleurs, la sacralisation et la suprématie des clubs argentins semblent, elles, remises en cause et affaiblies. Une supériorité jusqu’alors incarnée par les deux cadors que sont Boca et River mais qui ne correspond plus à la réalité.

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En effet, durant ces longues années, seuls River Plate (2015, 2018) ainsi que San Lorenzo (2014) ont permis au foot argentin de glâner le trophée. La victoire de l’Atlético Nacional en 2016 sonnait comme une petite rupture de cette bi-domination. Au fil du temps, l’hégémonie auriverde s’est finalement affirmée en Amérique du Sud.

En se concentrant uniquement sur le parcours des clubs brésiliens cette saison, le constat est net. Parmi les sept équipes engagées en phase de poules, six ont atteint les huitièmes de finale. Seul le Santos FC a déçu en terminant à la troisième place de son groupe. En quarts de finale, ils étaient cinq, avant de se retrouver à trois en demi-finales. River Plate était le seul représentant argentin en quarts avant d’être ensuite éliminé par l’Atlético Mineiro.

Le parcours du SE Palmeiras jusqu’à la finale de cette édition 2021

Dans une autre mesure, on note que la sélection brésilienne a atteint les deux dernières finales de Copa America. Les Auriverdes ont même raflé cinq des dix dernières éditions, bien que la dernière soit revenue aux coéquipiers de Messi. Sur tous les plans, la supériorité du football brésilien est notable et semble bien partie pour durer dans le temps.

Une finale pour entrer dans l’histoire

Nous l’avons répété au cours de cet article, ce match n’est pas une simple finale. Deux cadors sud-américains, la fierté du foot auriverde, une rivalité naissante et surtout la possibilité d’écrire son nom dans les manuels d’histoire. Le vainqueur de cette nouvelle édition rejoindra le cercle fermé des clubs brésiliens ayant remporté trois fois la compétition. Effectivement, avant cette finale, Palmeiras et Flamengo sont chacun à égalité avec deux titres à leur actif en Copa Libertadores.

Mais pour Palmeiras, l’enjeu historique est encore bien plus fort. En gagnant en Uruguay, le club pourrait devenir la première équipe à remporter deux fois de suite le tournoi. Une performance qu’aucune formation n’a reproduit depuis Boca Juniors en 2000 et 2001, alors entraîné par un certain Carlos Bianchi.

Néanmoins, le rapport de force ne semble pas si équitable que cela entre les deux équipes. Flamengo arrive invaincu dans cette finale mais c’est un tout autre fait qui intéresse avant cette opposition. Depuis 2017, les rouge et noir n’ont perdu aucune rencontre face à Palmeiras, alignant cinq victoires et quatre matchs nuls (dont un correspondant à la victoire aux tirs au but en Supercopa brésilienne). En championnat, Flamengo, second, accumule presque une dizaine de points d’avance sur son adversaire, troisième, à quelques journées de la fin de saison.

Avec brio, Flamengo a franchi toutes les étapes du tournoi pour en arriver à la finale

Plus généralement, ce sont deux équipes au style distinct qui vont se livrer une bataille acharnée. Flamengo est réputé pour prôner un jeu qui n’hésite pas à aller de l’avant, faisant de l’attaque son véritable atout. Diego Lugano nous indique que « Flamengo joue le football traditionnel de Rio de Janeiro, qui est toujours un football offensif, avec des replis défensifs un peu plus brouillons car ils jouent souvent sur le déséquilibre du bloc adverse.» Leur attaque est emmenée par Bruno Henrique, Gabigol, Éverton Ribeiro et Giorgian De Arrascaeta, qu’il considère comme le « meilleur quatuor du continent » du moment.

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Pour les paulistas de Palmeira, on décrit souvent un jeu appliqué, minutieux et « plus tactique comme il est voulu par leur entraîneur Abel Ferreira, quelqu’un de studieux et fanatique de combinaisons tactiques ». La force défensive de l’équipe est incarnée par la robustesse de Gustavo Gómez, Luan et Felipe Melo et semble difficilement prenable.

Une finale pour marquer l’histoire et affirmer sa force, ce match fait assurément figure d’une des plus importantes rencontres de ces dernières années en Copa Libertadores. Heureuse pour les uns, tragique pour les autres, l’issue de cette affiche renforcera quoi qu’il arrive l’hégémonie brésilienne sur le continent. Reste maintenant à savoir qui gravera son nom dans le marbre…

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