Ismaël Kandouss : « Rejoindre l’Union est le meilleur choix de ma carrière »

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Recruté en 2019 par l’USG, le Français a été l’un des acteurs principaux de la montée en puissance du club bruxellois au cours de ces dernières années. À la suite d’un passage compliqué en National, le défenseur de 24 ans est en train de rebondir de la plus belle manière sur le territoire belge. Dans un entretien accordé en exclusivité, le Lillois est revenu sur son passage compliqué en France, ses impressions sur la saison de l’Union mais également sa façon de voir le football.

Le monde du football peut aller vite, très vite. En l’espace d’un an, l’Union Saint-Gilloise est passée d’un petit club de seconde division à l’actuel leader de la D1A. À quelques journées de la fin du championnat, les Jaune et Bleu sont plus proches que jamais d’écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du football belge. Un scénario digne d’un film que les spécialistes, supporters, et mêmes joueurs ne se seraient pas permis d’imaginer au lancement de cette saison 2021/2022.

« Travail, patience et persévérance doivent être les maîtres mots chez les jeunes footballeurs. »

  • Tu signes ton premier contrat pro à l’âge de 21 ans, dans le monde du football cela peut paraître assez tardif, comment as-tu fais pour tenir mentalement jusqu’à la signature de ce fameux contrat ? As-tu déjà songé à tout arrêter ?

« Tout arrêter, je ne pense pas mais je me suis déjà dit que le foot n’était pas fait pour moi et que je n’allais jamais réussir à signer pro. Après forcément à force de persévérer, tu continues, tu ne lâches rien et c’est ce qui m’a permis de réussir »

  • Toi qui a vécu cette période compliquée, quels seraient tes conseils pour un jeune qui serait en plein moment de doute sur son habilité à connaître un jour le monde professionnel ?

« Pour réussir dans le haut niveau, je penses avant tout qu’il faut savoir faire preuve de patience. Le football c’est dur et c’est un long chemin avant de réussir donc il faut savoir travailler en humilité et ne rien lâcher. Comme j’aime le répéter, travail, patience et persévérance doivent être les maîtres mots chez les jeunes footballeurs »

  • Avec du recul, que penses-tu de ton passage en France ? Es-tu fier de cette période-là de ta vie ou est-ce que cela reste un échec pour toi de ne pas avoir pu continuer à évoluer dans ton pays ? 

« Je reste fier d’avoir pu évoluer en France, dans l’endroit où j’ai grandi. Après voilà, les aléas de la vie ont fait que je me suis retrouvé en Belgique mais je reste fier du chemin parcouru dans mon pays natal »

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Ismaël Kandouss sous le maillot de Dunkerque (crédit image : usldunkerque)
  • Y a-t-il une grande différence selon toi entre le football belge et français ?

« Entre le niveau auquel j’ai joué en France, c’est-à-dire en National, et celui auquel j’ai été confronté lors de mon arrivée à l’Union, j’ai quand même ressenti une nette différence. En Belgique, le jeu est plus porté sur la vitesse et la contre-attaque alors qu’en France, le physique avait une plus grande importance »

  • Contrairement à pas mal de joueurs, tu prêtes une grande importance à l’aspect mental dans le sport. On a vu récemment que de nombreux footballeurs révélaient souffrir de souffrance psychique voire même de dépression dû à la pression du monde professionnel. Est-ce que tu trouves que vous êtes assez suivi à ce niveau-là ou ressens-tu que le sujet reste encore problématique ? 

« Je pense qu’on ne peut pas faire une généralité et que ça dépend vraiment de chacun. Certains joueurs sont très bien accompagnés et suivis alors qu’il y en a d’autres pour qui c’est plus compliqué. Avec la pression de la famille, des agents, et tout ce que cela englobe, il est normal que certains craquent. Mais ça dépend de nombreux facteurs. Personnellement, je sais que le côté mental est l’une de mes forces. Je suis bien suivi et j’ai plutôt confiance en moi. À la base, je jouais pour m’amuser et maintenant, ce n’est que du bonheur »

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« Notre objectif initial était de se maintenir en première division »

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Le groupe unioniste célébrant une de ses nombreuses victoire cette saison (crédit image : DH)
  • Tu arrives à l’Union le 14 janvier 2019, alors que le club évolue encore en deuxième division belge. A ce moment-là quelle est la raison qui te pousse à rejoindre les jaune et bleu ? 

« Pour tout avouer, lorsque j’ai rejoint l’Union, je ne connaissais pas vraiment le club. À ce moment-là, ça ne se passait pas très bien en France et j’ai directement vu l’intérêt de l’USG comme une opportunité à ne pas laisser passer. Je me suis rendu à Bruxelles, j’ai été convaincu par le projet et force est de constater que j’ai bien fait de prendre le risque car cela reste jusqu’à présent le meilleur choix de ma carrière »

  • Trois ans plus tard, vous vous retrouvez maintenant sur le sommet du football belge. Comment expliques-tu un tel succès ? Quelle est finalement la recette magique de l’USG ? 

« Comme je l’ai toujours dit, je pense que le collectif est vraiment l’élément clé de notre équipe. On a commencé au plus bas, à une époque où il n’y avait aucune star dans le groupe et on a su gardé la même mentalité tout au long de notre parcours. On se bat ensemble, tout le monde participe aux mêmes efforts mais surtout, on ne lâche jamais rien. D’après moi, c’est cette mentalité de guerrier, notre plus grande force »

« On se bat ensemble, tout le monde participe aux mêmes efforts mais surtout, on ne lâche jamais rien ! »

  • En juillet dernier, personne n’aurait misé sur l’Union Saint-Gilloise leader au classement à quelques journées d’aborder les Playoffs. Avant de commencer la saison, quel était votre réel objectif ? 

« À vrai dire, notre objectif initial était de se maintenir en première division. Après, nous ne pouvions pas non plus trop nous situer car pour beaucoup d’entre nous c’était notre première expérience en D1. Finalement, nos objectifs ont évolué avec le temps jusqu’à veuillent aller chercher le titre final. C’est dingue ! »

  • Comme tu le dis, petit à petit on voit tout de même le titre se rapprocher. Dans ce moment crucial où l’on sent que tout peut encore basculer d’un côté comme de l’autre, que dites-vous dans les vestiaires ? Est-ce que vous évitez le sujet ou parlez-vous régulièrement de ce trophée qui vous tend les bras ? 

« Forcément, on ne peut pas s’empêcher d’en parler (rire) mais on est au courant que ça va être très difficile. Ils nous restent encore des rendez-vous importants et il va falloir se battre jusqu’au dernier match. Les équipes qu’on va affronter sont prêtes et ne vont nous faire aucun cadeau »

  • On parle souvent de l’Union comme d’un club familial à l’atmosphère unique en son genre. Au fond, qu’est-ce qui fait que ce club est différent des autres ? 

« Je pense que ce qui fait tout le charme de ce club est cette proximité entre les joueurs et les supporters. Pour l’anecdote, avant, les joueurs n’hésitaient pas à aller boire un verre avec les fans. Même si maintenant c’est un peu plus compliqué de faire ce genre de choses avec notre nouveau statut, on essaye de garder cet aspect familial car c’est vraiment dans l’ADN du club »

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À l’Union, supporters et joueurs font partie de la même famille (crédit image : Le Soir)
  • Tu fais désormais partie des « anciens » de l’effectif unioniste. Est-ce que l’équipe et l’environnement que tu as connu à tes débuts en 2019 est resté le même ?

« Le vrai changement, je l’ai ressenti il y a deux saisons lorsque le nouveau coach, Felice Mazzu, est arrivé. Il a mis en place un nouveau système avec de nouveaux joueurs. C’est à ce moment-là qu’on s’est davantage professionnalisé et qu’on a réellement pris conscience de notre potentiel »

  • Justement, beaucoup de supporters font l’éloge de Felice Mazzu. On dit de lui que c’est un entraîneur très humain et proche de ses joueurs. Quelle relation as-tu avec lui et comment cela se fait-il que tout semble si bien fonctionner entre lui et le groupe ? 

« Personnellement, je m’entends très bien avec lui. Il n’y a pas de miracle. Si ça marche bien, je pense que c’est parce qu’il respecte tout le monde et inversement. On sait que ce n’est pas facile d’être entraîneur. Il y a des choix compliqués à faire. Mais il prend la peine de les expliquer et nous rassurer s’il y en a besoin »

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Ismaël Kandouss et Felice Mazzu, un duo qui semble bien fonctionner (crédit image : HLN)
  • Est-ce le meilleur coach que tu as eu dans ta carrière ? 

« Oui, sans aucun doute. »

  • Tu es devenu un élément central de l’Union cette saison. Sur le plan personnel comment te sens-tu ? Trouves-tu que tu as progressé et si oui dans quels domaines ? 

« Je me sens très bien sur le terrain. Je pense que c’est assez naturel d’avoir progressé car on joue contre de meilleurs adversaires qu’en seconde division. J’ai également gagné en confiance. Ce qui m’a permis de tenter plus de choses et d’être plus serein dans mon jeu »

  • Dans le passé, on a souvent vu que les exploits d’un outsider à l’image de Leicester ou encore de l’Ajax plus récemment étaient suivis par un départ massif de l’effectif. Est-ce que tu penses que l’on va revivre la même chose à l’Union si le titre est remporté ? 

« Pas forcément, je pense que tout va dépendre des futurs objectifs et de l’ambition du club. Certains joueurs éprouveront peut-être une envie de voir ailleurs, alors que d’autres voudront prolonger l’aventure Unioniste. On verra bien ce qui se passera. Mais pour le moment tout le groupe est concentré à 100% sur les prochains rendez-vous »

  • Et toi personnellement, te vois-tu encore rester en région bruxelloise un petit moment ?

« Actuellement, je n’ai pas encore pris ma décision. En ce moment, je me sens bien à l’Union mais je reste un compétiteur avant tout. Donc forcément j’ai envie de jouer au plus haut-niveau possible. Maintenant, on verra bien si une belle opportunité s’offre à moi. Mais en tout cas, rien ne dit que je ne serais plus à l’USG l’année prochaine »

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