Le Canada, une sélection en progrès ?

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Actuellement premier de la zone CONCACAF, devant les Etats-Unis, le Mexique, le Canada est bien parti pour se qualifier pour le mondial 2022. Une qualification qui serait seulement la deuxième de l’histoire pour The Canucks, la dernière remontant à 1986.

Avec quatre points d’avance sur le deuxième, et trois journées restantes, c’est donc 36 ans après que les Canadiens vont réussir à se qualifier pour le mondial au Qatar. Actuellement invaincu dans ces éliminatoires, le Canada bouscule la hiérarchie établie par les Etats-Unis et le Mexique. Retour sur les éléments importants de ce parcours canadien.

Des joueurs qui s’expatrient

Si la plupart des joueurs de cette sélection canadienne évoluent au pays, les stars de l’équipe jouent toutes en Europe. Et certains y sont très performants. Le premier joueur qui nous vient en tête, c’est le joueur du Bayern Munich, Alphonso Davies. Réalisant un sextuplé historique avec le club bavarois la saison dernière, il déjà repartit sur les mêmes bases que l’exercice précédent.

L’ex-prodige des Vancouver Whitecaps est malheureusement à l’arrêt depuis mi-janvier suite à une myocardite légère qu’on lui a diagnostiquée. Aujourd’hui l’un des meilleurs latéraux à son poste, Phonzie a la particularité d’évoluer en tant qu’ailier lorsqu’il est appelé avec l’Équipe nationale.

Le joueur du Bayern fait également l’unanimité chez fans. Arnaud Salas, fondateur de la page « La MLS en français » sur Twitter, en pense le plus grand bien : « J’aime beaucoup la progression de Cyle Larin. Jonathan David évidemment, en qui j’ai toujours cru et surtout lors de ses débuts compliqués au LOSC. Mais surtout Alphonso Davies, et sa carrière incroyable, que je connais depuis qu’il a débuté à Vancouver Whitecaps 2 avant de signer professionnel. C’est une grosse fierté personnelle. »

Alphonso Davies avec le maillot de la sélection canadienne (crédit photo : TVA Sports)

Champion de France la saison dernière, Jonathan David avait eu du mal lors de sa première partie de saison avec les Dogues. Devant confirmer la grosse somme que les Nordistes avaient investie sur lui : 23 millions d’euros. Malgré cette première partie de saison compliquée, l’ancien de La Gantoise contribuera au titre en terminant la saison avec 13 buts et délivré 4 passes décisives.

Sa deuxième saison est bien la confirmation de tous les espoirs placés en lui. L’attaquant a déjà inscrit 16 buts toutes compétitions confondues à la mi-saison. Des chiffres qui ont permis au LOSC de finir premier de sa poule de Ligue des Champions. Performant en club, il l’est également en sélection avec 20 réalisations en 27 sélections. Un véritable tueur devant les buts. Jonathan David attise évidemment les convoitises de nombreux clubs européens.

Jonathan David célébrant son but face à Salzbourg en Ligue des Champions (crédit photo : L’Equipe)

Mélangé à cette jeunesse, on retrouve quelques joueurs d’expérience. En premier, Atiba Hutchinson et ses 39 ans. Il est devenu, en novembre dernier, le joueur le plus capé de l’histoire de la sélection avec 90 rencontres. « Bien que Davies et David soient les plus connus, c’est le vieux briscard Atiba Hutchinson qui me parle le plus » nous rappelle Hady Raphaël, fondateur de « Culture Soccer » lorsqu’il parle des joueurs importants de cette équipe.

Pour rester en Turquie, on peut également parler Cyle Larin, évoluant également chez le club stambouliote de Besiktas depuis la saison 2017/2018. Il va réaliser une saison 2020/2021 de haute voltige en finissant avec 23 buts et 5 passes décisives. Mais cette saison, il est plus en difficulté, comme son club, mais reste une pièce essentielle de la sélection. Antoine Latran (Culture Soccer) nous parle de son importance : « Le joueur en forme de cette sélection, ce n’est pas Davies ou David, mais Cyle Larin. 26 ans et 23 buts en 47 sélections, c’est juste impressionnant ! Il a une régularité devant les buts assez remarquables ».

Le Canada, s’offrant le Mexique sous un froid glacial (crédit : Youtube)

Yves Emmanuel Niamkey, qu’on appelle aussi « Nitch le Catalan », suit la sélection depuis 2017 et se veut prudent : « Je pense que cette équipe est bourrée de talents. Un mix de jeunes joueurs et de vétérans. Mais surtout avec un jeune coach comme Herdman qui arrive à créer une osmose » s’enflamme-t-il. Même s’il la prévoyance reste de mise : « Il ne faut surtout pas être impatient avec cette équipe. Il faut prendre le temps de bâtir une machine solide pour les prochaines années. »

Éric Chenoix, qui suit la sélection depuis 20 ans, en pince pour cette équipe : « C’est probablement la meilleure sélection que le Canada ait connue jusqu’à présent. Elle profite d’une belle profondeur et de quelques éléments de classe mondiale comme Jonathan David et Alphonso Davies. Le groupe est très soudé et solidaire. Ce qui le rend difficile à affronter sur le terrain et très intéressant à regarder ».

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John Herdman, le chef d’orchestre

Si les joueurs sont si performants avec la sélection, c’est aussi grâce aux travaux monstrueux de John Herdman. Ce dernier était déjà sur le sol canadien depuis longtemps, à la tête de la sélection féminine du Canada.

John Herdman avec Junior Hoilett, célébrant une victoire du Canada (Crédit photo : RDS)

C’est en janvier 2018 que le sélectionneur britannique va prendre en charge la sélection masculine du Canada. Avec un bilan positif, Herdman a su se bâtir une équipe qui peut enfin rivaliser avec les deux ogres de sa zone. Un progrès au niveau des résultats sportifs qui se voit également à travers le classement FIFA avec une 33ème place.

Son travail est reconnu également au pays, en témoigne l’admiration que lui porte Hady Raphaël, Canadien qui suit la sélection depuis l’époque des Paul Stalteri, Alex Bunburry et Tomasz Radzinski : « Il réalise un travail colossal ! Il a longtemps eu la réputation du coach qui était tout simplement un meneur d’hommes. Mais dernièrement, il démontre de plus en plus sa science tactique. Même s’il a encore du pain sur la planche, il a bâti à lui tout seul une sélection redoutable. »

Daniel Cameron, qui gère la page « actualité soccer canadien » , apprécie le travail, même si certains choix le laisse à désirer : « Il fait du bon travail. Il comprend bien le rôle de chaque joueur. Je ne suis pas toujours d’accord avec ses choix, notamment lorsqu’il fait jouer des joueurs à des postes dans lesquels leurs forces ne sont pas optimisées ».

Éric Chenoix qui tient également un blog foot montréalais « Viau Park », salue aussi également son travail. « Il est reconnu comme un excellement motivateur » constate-t-il. Il reste tout de même modéré concernant un futur rôle de top nation : « On est encore très loin de ça. Si le Canada a progressé au cours des dernières années, il faut toutefois souligner que les ténors habituels de CONCACAF jouent sous leur niveau habituel. Avant de parler de top mondiale, il faudra chercher à s’imposer dans la durée en CONCACAF. »

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Avec encore trois matchs à jouer, les hommes de John Herdman sont presque sûr d’être présent pour le Mondial. Après avoir réussi à bousculer l’ordre établi lors de ses qualifications, le prochain objectif est de glaner à nouveau la Gold Cup, remportée pour la dernière fois en 2000.

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